L'affaire de la rue des Marmousets [Paris (Paris)]

Publié le 21 janvier 2023 Thématiques: Animal , Barbier , Cannibalisme , Chien , Condamnation , Meurtre , Mort , Patissier ,

Rue des Marmousets par Charles Marville
Rue des Marmousets par Charles Marville. Source Charles Marville, Public domain, via Wikimedia Commons
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Source: Wikipédia / Affaire de la rue des Marmousets (2022) (2 minutes)
Lieu: Intersection de la rue des Marmousets (disparue) et de la rue des Deux-Hermites (disparue) / Paris / Paris / France

Au coin de la rue des Marmousets et de la rue des Deux-Hermites, la macabre affaire reposerait sur la froide collaboration de deux hommes : un barbier et un pâtissier. Le barbier se chargeait d’égorger, dépouiller et dépecer les victimes, souvent des étudiants du chapitre de Notre-Dame ; il envoyait ensuite la chair hachée par une trappe qui débouchait directement dans la cave de son voisin, le pâtissier, qui en faisait des pâtés. Selon certains auteurs, ces spécialités auraient eu un véritable succès auprès des Parisiens. On a dit même que le roi Charles VI lui-même en était très friand.

Le chien d’une des victimes, un étudiant allemand du nom de Alaric, alerta par ses aboiements la maréchaussée et les voisins de la boutique du pâtissier. On découvrit dans la cave pestilentielle les outils utilisés pour démembrer les corps. Les deux hommes avouèrent leurs crimes et furent brûlés vifs dans des cages de fer peu après en place de Grève le jour même de la sentence.

Conformément à l'usage, la maison où les crimes eurent lieu fut rasée et une petite pyramide expiatoire s'y élevait jusqu'en 1536.

[...]

Seule une chronique publiée en 1612 par un prieur de Saint-Germain-des-Prés, Jacques du Breul (1528-1614), rapporte la rumeur d’actes monstrueux qui seraient survenus dans cette rue vers 1430 : « C’est de temps immémorial, que le bruit a couru qu’il y avait en la Cité de Paris, rue des Marmousets, un pâtissier meurtrier, lequel ayant occis en sa maison un homme, aidé à ce par un sien voisin Barbier, feignant raser la barbe : de la chair d’icelui faisait des pâtés qui se trouvaient meilleurs que les autres, d’autant que la chair de l’homme est plus délicate, à cause de la nourriture, que celle des autres animaux. Et que cela ayant été découvert, la Cour de Parlement ordonna qu’outre la punition du Pâtissier, sa maison soit rasée, et outre ce une pyramide ou colonne érigée audit lieu, en mémoire ignominieuse de ce détestable fait : de laquelle reste encore part et portion en ladite rue des Marmousets. »

L’emplacement de la boutique du pâtissier se trouve sous l'actuel Hôtel-Dieu, dont la construction a fait disparaître en 1866 la rue des Deux-Ermites et la quasi-totalité de la rue des Marmousets (la section restante, entre la rue de la Colombe et la rue d’Arcole, a été rebaptisée Chanoinesse par arrêté préfectoral du 19 décembre 1874).

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Source: de Ponthieu Amédée / Légendes du vieux Paris (1867) (moins d'1 minute)
Lieu: Intersection de la rue des Marmousets (disparue) et de la rue des Deux-Hermites (disparue) / Paris / Paris / France

La maison des Marmousets fut rasée par un arrêté du parlement, pour un crime célèbre dans les annales parisiennes.

A cette maison qui faisait le coin de la rue des Marmousets, et de celle des Deux-Hermites, pendait l'enseigne d'un barbier juif. Son voisin était un pâtissier.

Parmi les pratiques qui entraient chez le barbier, plusieurs n'en sortaient pas. Lorsqu'il avait affaire à des clients d'un embonpoint respectable ou d'un âge encore tendre, au lieu de les raser il faisait jouer une bascule qui les envoyait au fond d'une oubliette où ils étaient tués et livrés encore chauds au pâtissier voisin, son associé, qui vendait des pâtés, d'une délicatesse renommée à sa clientèle anthropophage sans le savoir.

Mais il arriva que le chien d'un client qui ne sortait pas, s'obstina à rester à la porte, attendant son maître. On avait beau le chasser, il revenait toujours et poussait des hurlements lamentables.

La femme du pauvre diable, en cherchant de tous côtés, rencontra le chien, qui ne voulait pas quitter son poste et qui la tirait par sa mante, comme pour la faire entrer chez le barbier. Un horrible soupçon traversa son esprit; elle alla conter l'affaire au lieutenant criminel qui ordonna des perquisitions chez le barbier. On descendit dans la cave, et là on trouva, sur un monceau d'ossements humains, les débris de la dernière victime à moitié dépecée par le pâtissier.

Un poëte de carrefour, Poirier, dit le Boiteux, rappelle cet événement tragique dans ces vers de complainte : Puis, rue des Deux-Hermites, Proche des Marmouzets, Fut deux âmes maudites Par leurs affreux effets : L'un, barbier sanguinaire, Pâtissier téméraire, Découverts par un chien, Faisant manger au monde, Par cruauté féconde, De la chair de chrétien.

Le barbier et le pâtissier furent brûlés vifs, chacun dans une cage de fer, et leur maison rasée. L'effigie du chien fut reproduite sur une borne qu'on voyait encore il y a quelques années, comme monument commémoratif de cette tragique aventure.


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