La légende de la procession des trépassés du Val des Dix [Hérémence / Hérens / Suisse]

Publié le 11 juillet 2025 Thématiques: Chapelle , Fantôme , Guérison , Nuit , Peste , Procession , Revenant ,

Chapelle Saint-Bathélémy (Val de Nendaz)
Chapelle Saint-Bathélémy (Val de Nendaz). Source Nendaz.ch
ajouter aux favoris Ajouter une alerte en cas de modification augmenter la taille du texte reduire la taille du texte
Source: Solandieu / Légendes Valaisannes (1919) (moins d'1 minute)
Contributeur: Fabien
Lieu: Chapelle Saint-Bathélémy / Hérémence / Hérens / Suisse
Lieu: Chapelle Saint Barthélémy / Nendaz / Conthey / Suisse

C'est à la suite de la grande peste qu'eurent lieu [les] processions des Trépassés dont la tradition s'est emparée et dont elle a perpétué le souvenir jusqu'à nos jours.

On raconte à ce sujet qu'un paysan du Val des Dix rentrant chez lui tard dans la nuit, vit tout à coup passer une procession sans fin d'hommes et de femmes vêtus de l'habit blanc des pénitents.

S'étant, par politesse, mis en dehors du chemin, il demanda à l'un des assistants quelle était cette procession.

« Toute cette grande procession que vous voyez défiler, lui fut-il répondu, est composée de ceux qui sont morts pendant la grande peste. Tandis que nous sommes ici, les premiers, les derniers sont encore à la chapelle de Ste-Marguerite, aux portes de Sion. Nous venons de la chapelle de St-Barthélemy, à Cleuson, et nous allons à celle de St-Barthélemy de Pralong, implorer l'intercession du saint apôtre que nous avons pris pour patron. »

Il arriva un jour à cette procession une curieuse aventure.

En longeant la colline des Mayens de Sion, qui sépare le vallon de Nendaz du val d'Hérens, le funèbre cortège fut arrêté près du village de Salins, par la clôture d'un chalet dont une partie empiétait sur le chemin parcouru par la procession.

Aussitôt un des pénitents alla frapper à la porte du chalet, habité par un homme malade et sa femme, robuste et courageuse, qui alla répondre au nocturne visiteur.
— Que désirez-vous ? lui demanda-t-elle.
— Passer notre chemin que vous avez barré ! répondit le pénitent. Aussitôt la paysanne enleva la palissade et, se jetant à genoux, se mit à prier au bord du chemin, pendant que la procession continuait à défiler, précédée des porteurs de croix et de gonfanons. Minuit sonnait à l'église de Valère.

Au petit jour, le cortège avait passé, et la paysanne qui était restée prosternée jusqu'alors, rentra tranquillement au chalet, où elle trouva son mari debout au milieu de la chambre. Il était complètement guéri.


Partager cet article sur :