La légende des paroles divines de Bravonius [Aléria (Haute-Corse)]

Publié le 14 juin 2023 Thématiques: Attaque , Entendre un son lointain , Parole , Romain , Ruse , Soldat , Trahison , Ville ,

Les vestiges romains d'Aléria
TeletubAstyanax, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons
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Source: Fabien / Monde Légendaire (2023) (2 minutes)
Lieu: Aléria / Aléria / Haute-Corse / France

Il était une époque où l'Empire Romain régnait en maître sur une grande partie du monde, y compris la Corse. Bien que certains tentaient parfois de fomenter des complots pour se libérer de l'emprise de l'envahisseur, leur entreprise était souvent vouée à l'échec.

Cependant, Bravonius et ses fidèles compagnons étaient bien déterminés à se battre pour la liberté de leur terre. Ils avaient minutieusement planifié leur attaque et avaient choisi la date de la cérémonie en l'honneur de l'empereur pour agir par ruse. Leur objectif : pénétrer dans la ville d'Aléria et éliminer les soldats romains qui s'y trouvaient.

La veille de l'attaque, Bravonius se rendit sur une colline surplombant la ville pour vérifier une dernière fois les détails de son plan. Mais alors qu'il scrutait les environs avec soin, il entendit une voix mystérieuse chuchoter à son oreille : "Mori, mori...", signifiant "mourir, mourir...". Superstitieux comme tous les hommes de son temps, Bravonius ne put s'empêcher de voir dans ce présage un avertissement divin. Il décida donc, à regret, d'abandonner son plan voué à l'échec par les dieux.

Flavius, le gouverneur d'Aléria, avait été mis au courant des préparatifs de l'insurrection et avait mis en place des plans secrets pour contrecarrer les troupes de Bravonius. Pourtant, lors de la journée prévue pour l'attaque, aucune force adverse ne fit mouvement. Flavius, étonné, commença à soupçonner sa fiancée, Sylvie, d'avoir trahi son secret. Il pensait que la servante de sa fiancée, mise au courant du plan par Sylvie, et ayant des liens avec le camp des rebelles, avait prévenu les insurgés pour les sauver d'un inévitable massacre. Ces pensées rongeaient la relation entre les fiancés et rendaient la vie de Flavius triste et terne.

A force de ratisser la région, les armées de Flavius réussirent à capturer Bravonius. Pour Flavius, la chose la plus importante était de découvrir la vérité sur l'éventuelle faute de sa fiancée. Il proposa donc un marché à Bravonius : s'il donnait les noms de ses complices dans le camp des insurgés, il lui laisserait la vie sauve.

Bravonius raconta alors à Flavius l'étrange présage qu'il avait reçu de la colline. Cependant, Flavius restait sceptique quant à ces explications. Pour s'assurer de l'innocence de sa fiancée, il se rendit sur la colline. Après avoir contemplé la ville pendant un moment, il entendit distinctement les mots "Mine, mine...". Mais il réalisa rapidement que ces syllabes n'avaient rien de divin : il s'agissait de l'écho des serviteurs qui l'appelaient "Domine, domine" (Maître, maître) en raison de son absence prolongée. Tout devint alors clair pour Flavius. la veille de l'attaque attendue d'Aléria, il se trouvait en bas de la colline avec sa fiancé, dans les jardins de son palais, et lui récitant un poème de Virgile, il se souvenait avoir mis de l'emphase sur la dernière syllabe du ver "Qui enim modus adsit amori ?". L'écho avait transformé l'"amour" de sa phrase en "mort" pour Bravonius.


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