C'était « à la Cabre d'or », près la Sabotterie, « des milliers de pierres précieuses » que gardaient le diable et deux sorcières, dont l'une, la Cagnole, n'abandonnait sa garde dans les bois que lorsque naissait un enfant. Alors elle accourait, félicitait la mère, lui « souhaitait bonne santé, bonne prospérité »; puis elle prenait l'enfant et le dépeçait en tout petits morceaux. Si la mère terrifiée, éplorée, criait au meurtre, cette sorcière laissait sur place ces débris sanglants, et s'enfuyait. Mais la mère, ne soufflant mot, laissait-elle, impassible, s'accomplir l'horrible crime, vite la Cagnole raccommodait l'enfant et lui donnait un nom qui, toute sa vie, était un gage de bonheur. Une nuit, des paysans essayèrent de soulever la très lourde pierre qui donnait accès à la caverne où se trouvaient ces milliers de pierres précieuses. Au moment où ils faisaient, à l'aide de leviers, les premières pesées, finissait la messe de minuit. Le diable, alors, leur apparut, déchaînant un orage terrible qui déracina les arbres et porta, enveloppés dans une trombe, jusques au village de la Sabotterie, nos chercheurs épouvantés; or, depuis cette nuit effroyable, personne n'osa plus tenter l'aventure.
La légende de la Cagnole de la Sabotterie [La Sabotterie / Ardennes / France]
Publié le 27 janvier 2023 Thématiques: Diable , Enfant , Lieu cachant un trésor , Meurtre , Mort , Sorcière , Trésor ,
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| Source: | Meyrac Albert / La forêt des Ardennes: légendes, coutumes, souvenirs (1896) (moins d'1 minute) |
| Lieu: | Lieu-dit "Le Cabre d'or" / La Sabotterie / Ardennes / France |


