La légende de Gunehilde de Gerresheim [Düsseldorf (Gerresheim),(Rhénanie-du-Nord-Westphalie / Allemagne)]

Publié le 16 mai 2023 Thématiques: Abbaye | Monastère , Amour , Amour non partagé , Ange , Impiété , Légende chrétienne , Moine , Pénitence , Prêtre | Curé , Tentation ,

Basilique Sainte-Marguerite
Lassewillken, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons
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Source: Kiefer F.J. / Légendes et traditions du Rhin de Bâle à Rotterdam (1868) (2 minutes)
Lieu: Abbaye de Gerresheim (Stift Gerresheim) / Düsseldorf (Gerresheim) / Rhénanie-du-Nord-Westphalie / Allemagne

Gunehilde, nonne pieuse, modeste et parée de tous les charmes de la jeunesse avait fait naître dans le cœur de son confesseur un penchant dont elle ne soupçonnait pas même l'existence.

Ce prêtre indigne mit tout en oeuvre pour séduire la jeune fille sans expérience, mais toutes ses honteuses tentatives échouèrent devant l'innocence de Gunehilde. Consumé par sa passion et couvant des projets sinistres, le séducteur chercha à décider la pauvre fille à prendre la fuite, lui promettant de rentrer lui aussi dans le monde et de s'unir pour toujours à elle par les liens sacrés du mariage.

Gunehilde ne résista pas à ces promesses et à ces serments. Par une nuit obscure elle s'échappa du couvent avec le prêtre qui se crut dès lors au terme de ses désirs. Mais il n'en fut pas ainsi.

La jeune fille effrayée résista avec une fermeté inébranlable aux plus pressantes instances, exigeant l'accomplissement des promesses qu'il lui avait faites. Cela n'entrait pas dans les vues du scélérat. Lorsqu'il vit que tous les moyens qu'il employait pour parvenir à ses fins, restaient infructueux, il s'adonna à une vie vagabonde et dissolue. Démoralisé de plus en plus par cette manière de vivre, il finit par se joindre à une bande de voleurs, et commit avec eux une foule de crimes.

Dans une de ses expéditions, le ci-devant prêtre fut pris et peu de temps après pendu. Il eut ainsi la juste récompense de la vie criminelle qu'il avait menée. La nouvelle de sa mort terrible parvint bientôt jusqu'à Gunehilde qui, dans la plus profonde solitude, passait ses tristes jours à deplorer son étourderie. Elle était demeurée pure, mais n'en était pas moins coupable aux yeux du monde qui, plus enclin à croire le mal que le bien, doutait de tant de vertu. L'infortunée néanmoins résolut dès lors de retourner au couvent, et de se soumettre, pour expier sa faute, aux châtiments les plus rigoureux. Elle se jeta aux genoux de l'abbesse, la conjurant de recevoir, avec indulgence et miséricorde, une fille égarée, oublieuse de son devoir, mais malheureuse et pleine de repentir. „Lève-toi,“ dit la supérieure, lève-toi, ma chère enfant; de quoi donc t'accuses-tu? La cellule, jusqu'ici, n'a cessé de retentir des louanges et des prières que ta douce voix adressait au Seigneur. Tu es plus vertueuse que tes sœurs, plus agréable à Dieu que moi-même."

Et les nonnes et l'abbesse conduisirent la jeune fille étonnée à sa cellule. En arrivant là le mystère se dévoila aux yeux de Gunehilde. Elle vit s'élever de sa couche et disparaître un ange qui l'avait remplacée pendant son absence et qui, par des chants pieux, avait loué le Seigneur et prié pour elle.


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