La légende de la métairie aux serpents [Glux-en-Glenne (Nièvre)]

Publié le 26 juillet 2022 Thématiques: Animal , Ferme , Mauvais accueil , Paysan , Punition , Serpent , Sorcier ,

Jacques Callot
Jacques Callot. Source Gallica
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Source: Marlot Hippolyte / Revue des Traditions Populaires (1896) (moins d'1 minute)
Lieu: Ferme des Mathelins / Glux-en-Glenne / Nièvre / France

A la ferme des Mathelins, près de Glux et non loin des sources de l’Yonne, située au milieu des forêts du Morvan, est appelée aussi la métairie des serpents et on raconte des récits singuliers relatifs à l’origine de ce nom.

Un voyageur qui demandait l’hospitalité s’y étant présenté y fut mal reçu. C’était justement un sorcier qui, pour se venger, voua la maison au diable et aux serpents, mais ceux-ci ne devant faire aucun mal et être inoffensifs seulement pour effrayer ce mauvais hôte.

Aussi depuis et toujours cette habitation a été habitée, fréquentée par des milliers de ces reptiles; les murs en sont remplis, on les voit venir familièrement se chauffer au foyer et passer leur lète éveillée et curieuse dans les trous des murs, goûter à la soupe et aux aliments, pénétrer dans les lits mêmes, se promener et s’enrouler avec les enfants dans les berceaux, mais jamais ils ne font de mal à personne, et force a été aux métayers de s’y habituer et de vivre avec eux.

Mais il y a une cinquantaine d’années, fatigués d’une promiscuité aussi désagréable, on résolut de démolir entièrement les anciens bâtiments criblés de lézardes et d’autres cavités et de faire disparaître ces hôtes sans gêne et par trop importuns. Tout fut donc rasé, on trouva dans les murs des quantités effrayantes d’œufs de serpents, de quoi charger plusieurs chariots à bœufs. Dans la cour un immense brasier composé de plusieurs cordes de bois fut préparé et tous ces œufs y furent jetés. Malgré l’intensité du feu, jamais on ne put les brûler et on reconnut que le feu ne pourrait rien sur eux. La métairie fut reconstruite, mais rien n’a fait enlever le sort; malgré sa bénédiction par le curé, elle est toujours fréquentée par les couleuvres dont on ne se débarrassera jamais jusqu’à fin et confusion des siècles.

Dans toute cette région du Morvan on plante du reste le premier jour de mai une branche feuillue pour éloigner les couleuvres et empêcher qu’elles y déposent leurs œufs.


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