La légende de la découverte de la Houille sur la Montagne des Moines [Neupré, Seraing (Liège / Belgique)]

Publié le 19 mars 2024 Thématiques: Accueil , Découverte , Foret , Forgeron , Moine , Montagne , Pierre | Roche , Récompense ,

Houille dans le sol en forêt
Houille dans le sol en forêt. Source Geomartin, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
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Source: Harou Alfred / La Tradition (1890) (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Une maison à Plainevaux / Neupré / Liège / Belgique
Lieu: Bois de l'Abbaye / Seraing / Liège / Belgique

Hullos était bon ouvrier; il se levait avant l'aube, et longtemps après l'heure où ses voisins avaient terminé le travail de la journée, on entendait encore dans sa forge vibrer l'enclume sonore. Cependant son zèle et ses fatigues ne le rendaient pas plus riche. Il n'était pas seul à vivre du profit de son travail; il avait une jeune femme et trois beaux enfants ; il fallait donc forger bien du fer pour gagner de quoi subvenir aux besoins de cette petite famille. Un matin c'était en 1198 Hullos était pensif sur le seuil de sa maison, tenant d'une main le lourd marteau que son bras nerveux était las de soulever, et de l'autre essuyant la sueur qui baignait son front. Un vieillard vêtu d'une longue robe blanche s'approcha de lui et lui demanda de quoi étancher sa soif qui était ardente. Hullos déposa son marteau et alla chercher un pot de bière dont le vieillard but quelques gorgées. Avant de se retirer, l'étranger lui dit : «Merci, toi qui sais exercer les saints devoirs de l'hospitalité; je prie Dieu de ne jamais te laisser sans ouvrage et de permettre que tu sois riche un jour. – Dieu puisset-il vous entendre! répondit Hullos; mais je n'espère pas que votre vœu se réalise. Ce n'est pas le courage qui me manque ; ce n'est pas le travail non plus, et mes journéee me rapporteraient tout autant qu'il me faudrait pour assurer le sort de Jeannette, ma femme, et de nos enfants, si le bois de la forêt dont on fait du charbon ne coutait pas si cher.

En prononçant ces mots, Hullos poussa un profond soupir. Reprends courage, reprit le vieillard; d'ici tu peux apercevoir la montagne des Moines; quand tu la graviras, baisse tes yeux vers la terre; tu la verras coupée par de larges veines de pierre noire. Si tu veux m'en croire, détache quelques fragments de cette roche luisante, rapporte-les soigneusement et fais-les brûler dans le foyer de ta forge. » Pendant que l'étranger parlait, Hullos semblait rêveur; sa tête était penchée sur sa poitrine; lorsqu'il leva les yeux, son interlocuteur avait disparu.

Poussé par une espèce de pressentiment, et sans savoir au juste ce qu'avait voulu dire le vieillard, Hullos se rendit sur la montagne des Moines. A peine avait-il soulevé une légère couche de terre, que la pierre noire parut. L'ouvrier en tira des morceaux à l'aide d'une pioche dont il s'était muni, et se hâta de les rapporter chez lui, où, suivant le conseil de l'inconnu, il les mit dans le feu de sa forge. Le pauvre homme faillit devenir fou de joie en voyant la pierre brûler en pétillant et faire rougir son fer plus rapidement que ce charbon de bois qui lui coûtait si cher. Hullos avait le cœur généreux ; il ne voulut pas garder pour lui seul le bénéfice de sa découverte, il en parla à ses voisins, et bientôt la pierre noire de la montagne des Moines brûla dans tous les foyers.

Celui qui avait apparu au forgeron sous la forme d'un vieillard, n'était autre qu'un des savants moines d'un monastère des environs.


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