La légende du vol du bébé à Minane [Minane Bridge / Cork / Irlande]

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Publié le 31 janvier 2026 Thématiques:

Le bébé et la commère
Le bébé et la commère. Source OpenAI
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Source: Gibbings, W.W. / Folklore and Legends: Scotland (1889) (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Une maison à Minane / Minane Bridge / Cork / Irlande

À Minane, près de Tracton, vivait un jeune couple du nom de Mac Daniel. Ils avaient un enfant si beau et si vigoureux que les fées décidèrent de l’emmener parmi elles et de mettre à sa place un enfant substitué. Or il se trouvait que Mme Mac Daniel avait une commère nommée Norah Buckeley. Celle-ci passait devant leur maison (une jolie maison neuve au toit d’ardoises, soit dit en passant) au moment où le soir commençait à tomber.

Elle jugea qu’il était trop tard pour entrer demander des nouvelles de sa commère, car il lui restait encore plus d’un mille et demi à parcourir. De plus, elle savait que les fées étaient dehors : tout le long du chemin depuis Carrigaline, un tourbillon de poussière succédait à un autre, signe évident que les bonnes gens faisaient leur tournée. À force de faire tant de révérences pour se protéger, elle en avait même des douleurs dans les os.

Cependant, lorsque Norah Buckeley arriva devant la maison de sa commère, elle s’arrêta net, fit encore une révérence et dit presque à voix basse :
« Que Dieu protège tous ceux qui sont ici de tout mal ! »

À peine ces mots furent-ils prononcés qu’elle vit l’une des fenêtres se lever, et l’enfant magnifique de sa commère être passé dehors sans plus de façons. Elle n’aurait su dire, quand bien même sa vie en aurait dépendu, comment ni par qui cela s’était fait. Quoi qu’il en soit, elle alla à la fenêtre, prit l’enfant des mains de je ne sais qui, l’enveloppa soigneusement dans son manteau et l’emporta chez elle.

De bon matin, le lendemain, elle alla voir sa commère, qui se mit à se lamenter longuement sur la façon dont son enfant était devenu tout autre qu’auparavant : il avait pleuré toute la nuit, l’avait tenue éveillée, et rien de ce qu’elle pouvait imaginer ne parvenait à le calmer.

« Je vais te dire ce que tu dois faire de ce marmot, dit Norah Buckeley avec un air entendu, comme si elle en savait plus que le reste du monde. Fouette-le d’abord solidement, puis porte-le au carrefour et laisse la fée dans le fossé pour qui voudra bien la prendre ; car ton véritable enfant est chez moi, sain et sauf, tel qu’il m’a été passé par la fenêtre hier soir. »

En entendant cela, Mme Mac Daniel, une fois la surprise passée, sortit pour aller chercher une verge. Sa commère, l’ayant regardée un instant, détourna les yeux ; mais quand elle se retourna, la fée avait disparu. Ni elle ni la mère de l’enfant ne la revirent jamais, et elles n’apprirent jamais comment elle s’était éclipsée d’une manière si merveilleuse.

Mme Mac Daniel se rendit alors en toute hâte chez sa commère, y retrouva son propre enfant et le ramena chez elle. Et c’est aujourd’hui encore un solide jeune homme.


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