Dans un bâtiment annexe de l’abbaye d’Echternach, sévissait un kobold farceur, connu sous le nom de Kiddelsmehnden (ou Kittelemännchen).
Il faisait bien des tours aux habitants des lieux.
Un vieil homme, qui passait ses journées et ses nuits dans l’un de ces bâtiments pour fabriquer de la potasse, était souvent visité par ce kobold.
Alors que le vieil homme, le visage dans les mains, était assis paisiblement près de son chaudron en prière, le petit farceur entrait soudainement et commençait à marteler une enclume voisine.
Les étincelles jaillissaient, et tout le bâtiment tremblait. Mais le vieil homme laissait le drôle de forgeron faire, et bientôt, le kobold repartait sans un mot, comme il était venu.
Le même homme devait aussi garder une blanchisserie à toile située à proximité, pendant la nuit.
Une fois, il vit quelqu’un se faufiler dans l’obscurité et rôder autour des linges étendus. Il l’interpella.
Mais, n’obtenant pas de réponse, il décida de le poursuivre jusqu’à la porte.
Alors qu’il allait saisir ce qu’il croyait être un voleur par le col, la silhouette se transforma en brume sous ses yeux.
Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il comprit : il avait encore été joué par le Kiddelsmehnden.
Souvent, alors que les gens du logis étaient assis tranquillement le soir dans leur salle, et que les enfants dormaient, le kobold faisait retentir les couloirs et les escaliers de bruits de piétinements, de vacarme et de cris d’enfants, comme si chevaux et ânes les envahissaient,et que les enfants effrayés criaient à l’aide.
Mais dès qu’on allait voir, tout était parfaitement calme, et on ne trouvait aucune trace du moindre esprit.
Il arrivait aussi que le Kiddelsmehnden se jette du toit de l’abbaye sous la forme d’un tonneau. Alors tout le monde accourait, affolé, pour voir d’où venait le fracas…
Mais là encore, on ne trouvait rien du tout.
Source : J. N. Rolmann, instituteur à Echternach


