La légende de la Dame du bois marécageux (Bëschgretchen) d’Ellange [Mondorf-les-Bains / canton de Remich / Luxembourg]

Publié le 19 juillet 2025 Thématiques: Cimetière , Fantôme , Lieu hanté , Marais , Mort , Nuit , Revenant ,

Cimetière d'Ellange
Cimetière d'Ellange. Source Find a Grave
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Source: Gredt, N. (Dr.) / Sagenschatz des Luxemburger Landes (1883) (moins d'1 minute)
Contributeur: Fabien
Lieu: Marais au lieu-dit Wëllfraegrond / Mondorf-les-Bains / canton de Remich / Luxembourg
Lieu: Cimetière d'Ellange / Mondorf-les-Bains / canton de Remich / Luxembourg

Autrefois — quand les esprits existaient encore (aujourd’hui, il n’y en a plus, car un pape les aurait tous bannis) —, vivait près d’Ellingen, dans un endroit du bois appelé “Wëlfragrond” (le fond des femmes sauvages, proche du moulin du loup), le Bëschgretchen, littéralement : la petite Marguerite des bois.

C’était une femme d’une beauté et d’une taille extraordinaires, que l’on disait ensorcelée et condamnée à hanter ces marais.
Les gens évitaient ce lieu, bien que personne n’y ait jamais été blessé.

Un jour, le vieux Burgklees (comme on appelait un certain homme) rentrait de Remich.
Homme courageux, il prit le chemin du marais sans hésiter.
Mais, à l’approche des lieux, il sentit l’inquiétude monter.
Il déclara :
« Allons-y… même si c’était le diable lui-même qui m’y attendait. »

À peine avait-il posé le pied dans le marais, qu’il entendit une voix l’appeler derrière lui :
« Klees, Klees, attends ! Attends ! »
Il se retourna… et vit devant lui la mystérieuse Bëschgretchen.
Son courage l’abandonna aussitôt.
Il voulut fuir, mais le sol se déroba sous ses pieds.
Heureusement, il n’était pas encore trop enfoncé.
Il bondit de côté et se sauva de justesse.

Il arriva pâle comme un linge, hors d’haleine, et s’effondra à sa porte.

Mais l’esprit continua de hanter les lieux pendant de nombreuses années, et beaucoup affirment l’avoir vue.

Un jour, le berger gardait son troupeau près d’Ellingen.
Son chien se mit à courir comme un fou entre la lisière du bois et les pâtures, hurlant à s’en déchirer la gorge.
Alertés, des villageois vinrent voir et découvrirent le corps du Bëschgretchen, jusqu’aux genoux dans la boue du Wëlfragrond.
Ils retirèrent le cadavre, l’emportèrent à Ellingen, et l’enterrèrent dans le cimetière, tout à l’avant.
Plus tard, lorsque le mur d’enceinte du cimetière fut construit, la tombe se retrouva dans ses fondations.

On dit que tous les sept ans, la morte revient la nuit sur le lieu de sa mort, et que, par nuits de tempête, des anciens ont entendu ses lamentations.


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