La légende de Balan, Francheval, Pont-Maugis (les 4 fils Aymon) [Francheval, Noyers-Pont-Maugis, Balan (Ardennes)]

Publié le 28 décembre 2023 Thématiques: Animal , Arbre , Charlemagne , Cheval , Empreinte , Empreinte dans la roche , Guerre , Mort , Noblesse , Origine d'une roche , Origine d'une trace dans la roche , Origine d'un nom , Quatre fils Aymon (les) , Saut miraculeux , Soldat ,

Les 4 fils Aymon au château de Dourdonne s
Les 4 fils Aymon au château de Dourdonne s. Source Loyset Liédet, Public domain, via Wikimedia Commons
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Source: Meyrac Albert / Traditions, légendes et contes des Ardennes (1890) (2 minutes)
Lieu: Ville de Francheval / Francheval / Ardennes / France
Lieu: Bord de Meuse / Noyers-Pont-Maugis / Ardennes / France
Lieu: Ville de Balan / Balan / Ardennes / France

Tout proche de la frontière ardennaise, en Belgique, les quatre fils d'Aymon, Renaud, Allard, Guichard et Richard, pour se défendre de leurs ennemis, avaient construit une immense forteresse. Et comme elle était bâtie sur une montagne, ils l'appelèrent Montfort.

Elle ne pouvait être prise que par trahison. Or, un soir, un guerrier se présentait devant le pont-levis de cette forteresse. — Qui êtes-vous? lui demandèrent les hommes de garde? — Hernier, ennemi de Charlemagne, ami des quatre fils d'Aymon. — Entrez ! — Bien !

Hernier put donc pénétrer dans la forteresse. Or, pendant la nuit, il y introduisit, par surprise, mille soldats de Charlemagne qui incendièrent Montfort. Réveillés par le crépitement des flammes et aussi par les hennissements de leur brave cheval Bayard, les quatre fils d'Aymon massacrèrent Hernier et ses mille soldats; mais le lendemain ils furent forcés d'abandonner le chàteau-fort.

Laissant leurs armées qui devaient les rejoindre, ils convinrent de partir, chacun de son côté, et choisirent un lieu de rendez-vous. Ce fut dans les Ardennes, entre Noyers et Wadelincourt, proche d'une fontaine qu'abritait un arbre  gigantesque, aujourd'hui disparu, mais qui a laissé le nom de l'arbre Renaud à l'endroit sur lequel jadis il s'élevait.

Un jour que les quatre frères se reposaient à l'ombre de ses branches touffues, voilà qu'arrive leur père, le vieux duc Aymon, fidèle allié de l'empereur Charles. Aussitôt il provoque ses fils en combat singulier. — Nous ne nous battrons jamais contre notre père, répondent Renaud, Allard, Guichard et Richard. — Traîtres! lâches, s'écrie le vieux duc. Et, furieux, il s'élance contre ses quatre fils qui cherchent plutôt à éviter les coups qu'à les rendre. Cependant Allard est terrassé ! Renaud le dégage et le prend en croupe sur son merveilleux cheval Bayard. — Fuyons! Fuyons, dit Renaud, allons, mon bon Bayard, vite, vite !

Et le cheval qu'enorgueillit ce double fardeau, — car il porte deux preux, — s'élance et, d'un seul bond gigantesque, franchit dans l'espace deux grands kilomètres. Mais comme il ne retomba pas sur terre d'aplomb, il faillit désarçonner Allard et Renaud.

— Balan ! Balan ! lui cria Renaud, c'est-à-dire dans le vieux langage ardennais : Balance! balance! reprends ton aplomb. Et c'est depuis cette aventure que, dans cet endroit, aux portes mêmes de Sedan, prit naissance le village qui s'appelle Balan.

Mais, de Balan et toujours pour soustraire les deux frères aux poursuites du vieux duc Aymon, Bayard fit encore un saut plus prodigieux. Cette fois il retomba sur ses quatre pattes sans broncher. Renaud, alors de sa main le caressant : — Franc cheval! tu es un brave, Bayard, franc cheval! Et, à ce même endroit où Bayard avait touché terre, s'éleva le village qui porte le nom de Francheval.

Sans doute, Allard et Renaud, grâce à Bayard, avaient pu fuir le vieux duc Aymon, mais leurs armées étaient toujours poursuivies, harcelées. Elles arrivèrent rompues de fatigue devant un torrent infranchissable et ne savaient comment le franchir quand, heureusement, leur chef qui commandait la retraite, Maugis, fils du duc d'Aigremont et cousin des quatre fils d'Aymon, prit une énorme pierre et la plaça en travers du torrent.

Sur cette pierre passèrent les troupes et là fut fondé le village qui s'appelle Pont-Maugis, près Sedan.

On montrait encore, au commencement du siècle, cette fameuse pierre sur laquelle se voyaient de légères empreintes de pas, mais elle fut jetée dans la Meuse et, depuis, n'a jamais pu être retrouvée.


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