La légende du revenant du château de Bovrel [Saint-Guyomard (Morbihan)]

Publié le 27 octobre 2022 Thématiques: Château , Noël , Nuit , Prière , Revenant ,

Le Château de Bovrel
Le Château de Bovrel. Source La cour de Bovrel
ajouter aux favoris Ajouter une alerte en cas de modification augmenter la taille du texte reduire la taille du texte
Source: Fouquet Alfred / Légendes, contes et chansons populaires du Morbihan (1857) (moins d'1 minute)
Lieu: Château de Bovrel / Saint-Guyomard / Morbihan / France

Au sud et en face de la lande de Pinieuc, au milieu de ces bois qui projettent leurs ombres noires sur les eaux bleues de la Claie, se cache le château de Bauvrel, que la tradition dit avoir appartenu au fameux Henri d'Effiat, marquis de Cinq-Mars, que Richelieu sacrifia à ses terribles vengeances. Ce château, sans grandeur et sans faste, n'est curieux que par les écussons et les sculptures de ses murs; mais les apparitions nocturnes dont il est quelquefois témoin, lui donnent dans le pays une certaine célébrité.

Une nuit de Noël, que la fermière actuelle, assise au coin d'une vaste cheminée, surveillait la cuisson de boudins gras pour le réveillon des gens, qui tous assistaient à la messe de minuit à Saint-Guyomard, elle vit entrer un grand et beau jeune homme d'une pâleur extrême, et qui portait un costume tout de noir et de forme inconnue de nos jours.

Grave et silencieux, il vint tout auprès d'elle prendre place au foyer, et sans paraître l'apercevoir, il approcha ses pieds du feu, prit un livre de messe déposé sur la cheminée, lut quelques lignes à voix basse, puis inclinant son front sur sa main, il se prit à méditer et à soupirer.

Transie de frayeur, la pauvre fermière n'osait faire un mouvement, pas même essuyer la sueur qui coulait sur son visage; elle avait à peine assez de force et de présence d'esprit pour prier.... Enfin le jeune homme, toujours grave et toujours silencieux, replaça le livre où il l'avait pris, se leva et disparut..... Il était temps pour la fermière, qui se sentait défaillir... Heureusement que ses gens ne tardèrent pas à rentrer de l'office, et elle put soulager son cœur en racontant tous les détails de l'effrayante apparition, en redisant toutes ses angoisses.

Après délibération sur ce fait étrange, il fut jugé au château qu'une âme en peine (peut-être celle de Cinq-Mars) se recommandait aux chrétiens, et depuis cette nuit de Noël, les fermiers de Bauvrel ajoutent à leur prière du soir un De profundis pour elle.


Partager cet article sur :