La légende de Paotr Pen er Lo [Plouharnel / Morbihan / France]

Publié le 8 mars 2025 Thématiques: Animal , Esprit , Jeter dans l'eau , Jouer des tours , Marais , Marin , Mer , Moquer , Mort , Noyade , Nuit , Pêcheur , Poisson , Revenant , Transformation , Transformation en animal , Voyage ,

Pen Er Lé
Pen Er Lé. Source rene boulay, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
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Source: Le Rouzic, Zacharie / Carnac. Légendes, traditions, coutumes et contes du pays (1912)
Contributeur: Fabien
Lieu: Pen er Lé / Plouharnel / Morbihan / France

Deux hommes du village de Kerlégéan trouvèrent un soir un énorme poisson près du pont du moulin du Pô ; ils le montèrent sur une brouette Pour l’amener chez eux. Arrivés à leurs portes, le poisson se leva et se sauva en riant et en se moquant d’eux. C’était Paotr Pen er Lô.

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Source: Le Rouzic, Zacharie / Carnac. Légendes, traditions, coutumes et contes du pays (1912) (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Pen er Lé / Plouharnel / Morbihan / France

Pen-er-Lo est une pointe de sable de la falaise de Quiberon, sur l’anse du Pô, exactement à l’ouest du village de ce nom.

Avant la construction de la route nationale d’Auray à Quiberon, cette pointe était très fréquentée par les piétons qui rentraient dans la presqu’île ou en sortaient. Ce trajet écourtait énormément la route. A marée basse, on y passait, par le ster ou vasière, en se déchaussant. A marée haute, le passage se faisait en barque.

Sur cette pointe et dans son voisinage se tenait Paotr Pen er Lo, autrement dit le garçon de Pen-er-Lo.

Lorsque des voyageurs s’aventuraient la nuit sur le ster, Paotr Pen er Lo s’offrait presque toujours pour les guider, et si la conversation ne lui convenait pas, il les égarait dans la vasière, où ils restaient généralement jusqu’à la pointe du jour, ou jusqu’à ce que leurs appels désespérés aient amené quelques habitants des villages de Kerkroch ou du Pô à venir à leur secours et les mettre dans le droit chemin.

Un soir, pour surprendre la bonne foi des gens qui venaient au secours de ses victimes, il s’embourba lui-même en criant : Au secours! au secours! Un homme charitable du village de Kerkroch vint le prendre et le dégager, et comme il paraissait exténué, cet homme le mit sur son dos pour l’amener chez lui. Mais dès qu’il arriva à sa porte, Paotr Pen er Lo se sauva en se moquant de lui.

A la suite de ce fait, plusieurs voyageurs furent noyés dans la vasière, près de Men-Rostir, ou plutôt Roh-er-ster, embourbés dans la vase et surpris par la marée montante ; personne n’osait plus aller leur porter secours. A marée haute, Paotr Pen er Lo faisait des appels pressants aux bateliers du Pô pour venir le chercher d'urgence. Les bateliers armaient leur embarcation à la hâte et se rendaient à force de rames à Pen er Lo. Arrivés là, Paotr Pen er Lo se sauvait en se moquant d’eux.

Quelquefois il embarquait dans le bateau, qui coulait presque sous son poids, au grand désespoir des matelots. Arrivés au milieu du chenal, Paotr Pen er Lo les rassurait et plongeait dans la mer.

Il les surprenait souvent, parce qu’à chaque fois il changeait sa voix et la façon de les appeler, imitant tantôt la voix d’un homme, d’une femme, d’un enfant, souvent les voix de plusieurs personnes ensemble.

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Source: Le Rouzic, Zacharie / Carnac. Légendes, traditions, coutumes et contes du pays (1912) (moins d'1 minute)
Contributeur: Fabien
Lieu: Pen er Lé / Plouharnel / Morbihan / France

Les anciens de Quiberon croyaient que la presqu’île sablonneuse de Pen er Lô, dans la falaise de Quiberon, était hantée par un génie d’une ravissante beauté et à la voix mélodieuse, qui s’appelait Paotr Pen er Lô.

Avant la construction de la route de Plouharnel à Quiberon, ceux qui passaient par là pour aller à Quiberon ou pour se rendre à la grande côte avaient à franchir le gué du Ster. Lorsque les voyageurs se hissaient surprendre par la nuit ou que la marée entrait dans le gué, ce génie se présentait à eux et leur proposait de les transporter sur son dos de l'autre côté. S’ils acceptaient, il s’avançait avec son fardeau jusqu’au milieu du passage, et, en riant à gorge déployée, précipitait dans la mer le voyageur qui était monté sur son dos.


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