La légende de la petite dame de Staroven [Súdwest-Fryslân (Staroven) / Frise / Pays-Bas]

Publié le 15 avril 2023 Thématiques: Anneau , Avarice , Bateau , Blé , Catastrophe naturelle , Commerce , Déclin , Destruction , Egoisme , Faim , Innondation , Jeter dans l'eau , Lieu englouti , Marin , Mer , Orgueil , Origine d'un lieu , Origine d'un nom , Pain , Pauvre , Pêché , Plante qui pousse , Poisson , Punition , Richesse , Ruine financière , Tempête , Vanité , Ville , Ville engloutie , Voyage , 137 vues

La Petite Dame de Stavoren
Michielverbeek, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons
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Source: Kiefer F.J. / Légendes et traditions du Rhin de Bâle à Rotterdam (6 minutes)
Lieu: Vrouwtje van Stavoren / Súdwest-Fryslân (Staroven) / Frise / Pays-Bas

Stavoren occupait, il y a plus de six cents ans, le premier rang parmi les villes commerçantes de la Hollande. Les vaisseaux des marchands de cette ville couvraient les mers et rapportaient dans son port sûr les produits les plus beaux de l'univers entier. Ce commerce si étendu porta le bien-être de cette ville à un degré inconnu jusqu'alors. Bien qu'il y eut ici, comme partout ailleurs, des pauvres, le nombre des gens riches l'emportait de beaucoup. La dissipation, la volupté et le luxe, compagnons ordinaires des grandes fortunes, né manquaient pas de se réunir à Stavoren. Un sot orgueil, une rivalité ruineuse portaient les habitants à vouloir se surpasser les uns les autres par l'éclat et la somptuosité de leurs maisons, et par la magnificence de leurs fêtes splendides. La légende nous apprend même, que beaucoup de maisons, semblables à des palais, étaient bâties en marbre blanc, que l'intérieur des appartements était orné de lambris artistement sculptés, de tentures superbes et de meubles les plus rares. Les portes mêmes étaient garnies non de fer, mais de métaux précieux.

Aucun toutefois des négociants de Stavoren ne pouvait comparer ses richesses à celles de Mademoiselle Richberta. La fortune qui récompensait par les largesses les plus grandes et les moins espérées la jeune négociante, paraissait vouloir prouver par les faveurs qu'elle lui accordait l'étendue de son pouvoir en comblant de ses prodigalités une faible mortelle. Les flottes marchandes de cette demoiselle expédiées aux contrées les plus lointaines, revenaient chaque fois avec des bénéfices énormes réalisés, et apportaient en outre les marchandises les plus recherchées, telles que bijoux, perles et brillants qui, prodigués dans son palais et dans ses atours scintillaient d'un éclat éblouissant.

Mademoiselle Richberta ne savait soutenir un bonheur si inouï avec cette égalité d'humeur qui seule eût pu l'en faire jouir réellement: et s'il est vrai, à ce que dit un sage, qu'un grand revers se supporte plus facilement qu'une prospérité excessive, Richberta était destinée à prouver la justesse de cet axiome. Son orgueil marchait de front avec l'accroissement de ses trésors, aussi le montrait-elle par le mépris qu'elle témoignait aux gens au dessous d'elle. Elle satisfaisait cet orgueil dans des fêtes luxueuses et sybaritiques qu'elle donnait à la ville, moins pour se distraire et se divertir que pour étonner ses hôtes par la splendeur toujours croissante des appartements, et par la recherche des mets et des vins : elle voulait inspirer l'envie.

Dans une de ses fêtes tumultueuses; étourdissantes qui n'offrent rien à l'esprit tout en laissant le cœur vide, on annonça à Mademoiselle Richberta un hôte étranger. Il lui faisait dire qu'il venait de contrées lointaines, qu'il avait vu beaucoup de rois dans l'éclat de leurs cours, et qu'il arrivait uniquement pour admirer les richesses de Richberta dont la renommée lui avait appris des choses merveilleuses.

La maîtresse subjuguée par cette flatterie fit prier l'étranger de prendre place à ses côtés. Il parut, c'était un vieillard encore vert, dans le costume pittoresque de l'orient; son maintien était aussi digne que noble. Il s'approcha de Richberta, attendant de sa main la bienvenue qui, selon les usages de son pays, est offerte au voyageur par les symboles du pain et du sel. Mais il n'y avait point de pain sur ces tables splendides pliant sous le poids des mets les plus rares et les plus exquis. La simple nourriture du pauvre était bannie d’ici.

L'étranger se mit silencieusement à sa place, et après s'être restauré, il raconta d'une manière agréable et instructive ses voyages par terre et par mer, parla de peuples éloignés et de leurs mœurs, de ses propres aventures, de ses joies et de ses infortunes, de la fragilité des bien terrestres et de l'inconstance du bonheur humain. Les assistants étaient tout oreilles aux récits de l'hôte mystérieux, à l'exception de Richberta. Elle espérait que l'étranger s'étendrait en louanges sur les richesses et la splendeur de la fête, et qu'il établirait des comparaisons qui eussent donné un nouvel aliment à sa vanité féminine; mais il n'en souffla mot, jusqu'à ce qu'enfin, interpellé par elle, il avoua n'avoir trouvé pareille magnificence que dans les cours des rois. Il finit cependant par dire qu'une seule chose le surprenait, c'était de ne point trouver là ce que la terre produit de plus distingué et de meilleur.

En vain insista-t-on auprès de cet hôte bizarre pour avoir le mot de l'énigme, il demeura muet et les interrogations devenant trop pressantes, il s'éloigna et personne ne le revit.

La curiosité et l'orgueil de Richberta furent excités au plus haut point. Plus de repos pour elle. Elle possédait tous les objets précieux pour lesquels la langue humaine a inventé un nom, tout ce que produisent la terre et la mer, tout ce qu'elles recèlent dans leur sein. Et le premier bien lui manquerait? Elle interrogea des philosophes et de devins, fit venir des sorciers et des interprètes de songes; mais aucun d'eux ne savait nommer chose qu'elle ne possédât depuis longtemps.

Alors elle ordonna dans son désir incessant du bien suprême qu'on équipât des navires. Elle voulut faire explorer les terres et les mers pour le trouver, et elle défendit aux équipages de revenir sans le lui rapporter.

Le commandant de ses flottes mit à la voile pour remplir cette mission difficile, ne sachant vers quel point diriger ses vaisseaux. Il en envoya une division vers l'est, l'autre vers l'ouest dans les mers les plus reculées; lui-même s'abandonna au gré du sort et des vents. Il arriva que l'eau salée, s'introduisant dans les navires, gâta une partie des vivres. Il y avait encore abondance de viandes, de vins et d'autres objets de luxe, mais la farine et le pain n'étaient plus mangeables, et la privation en fut vivement sentie. Dans cette disette, le commandant reconnut ce qu'il devait estimer comme le plus grand et le premier des biens. Ce n'étaient ni les épices, ni les aromates des Indes, ni les perles du fond des mers, ni l'or des mines profondes des montagnes, c'était le don le plus simple de la nature, celui qui croît partout, qui est indispensable, inestimable, qui fortifie et qui nourrit, c'était le pain.

Il comprit alors aussi le sens des paroles obscures que l'étranger avait prononcées au festin, et sa résolution fut bientôt prise. Il fit voile pour un port de la Baltique, où il prit un chargement du plus beau froment, et retourna à Stavoren. A peine arrivé, il se présenta devant Mademoiselle Richberta qui ne l'attendait pas de sitôt; il lui annonça qu'il connaissait le meilleur et le plus précieux des biens, qu'il en avait trouvé et lui en rapportait une grande quantité. Il raconta alors à sa maîtresse stupéfaite, de quelle manière cette découverte lui était venue, et lui fit voir que l'hôte mystérieux n'avait pu faire allusion qu'au pain qui manquait à sa table. Il pensait en conséquence s'être parfaitement acquitté de sa mission.

Mais Richberta ne fut pas de cet avis. Elle lança des regards furieux au serviteur interdit et étouffant avec effort une explosion de colère: Par quel côté, dit-elle, le navire a-t-il reçu le chargement? Par le côté droit, répondit-il. Eh bien, s'écria l'insolente, je vous ordonne de jeter à l'instant tout le chargement par le côté gauche à la mer.

En vain le fidèle serviteur fit-il des remontrances contre cet ordre terrible, en vain en appelat-il au cœur de Richberta, la conjurant de ne pas jeter en proie à la destruction ce précieux don de la Providence, mais de s'en servir pour soulager la misère des pauvres; en vain lui envoya-t-il des troupes d'indigents pour amollir la dureté de son cœur, tout fut inutile. Elle fit jeter à l'eau, en présence de la foule, la riche cargaison de froment qui aurait pu donner du pain à tant de monde: le peuple se lamenta et la maudit.

Le fond de la mer avait reçu le chargement, mais les grains devenant semence de perdition, germèrent et poussèrent dans la vase, et comme ils étaient sans cesse recouverts par des nouvelles couches de limon, une forêt de tiges sans épis s'éleva, s'éleva toujours avec une vigueur surnaturelle, et pareille aux madrépores et aux coraux, monta jusqu'à la surface de la mer. Les masses du fond agitées sans relâche et trouvant ainsi des points d'arrêt, finirent par former devant Stavoren un immense banc de sable qu'aucune puissance humaine ne put rompre.

Les nombreux vaisseaux de la ville parmi lesquels étaient ceux de Richbertà ne purent plus pénétrer dans un port naguères si sûr, et devinrent la proie des vagues furieuses. Adieu commerce et abondance! La jeune fille si fière précipitée du faîte de la gloire et du bonheur dans un gouffre de besoins et de misère, fut réduite à mendier son pain.

La mer ayant perdu l'entrée de sa baie favorite, se déchaîna avec une fureur toujours croissante contre le rivage; et durant les tourmentes d'une nuit orageuse, elle rompit les digues, enveloppa la ville, sa proie tant désirée, l'arracha avec ses fondements et l'entraîna dans ses profonds abîmes.

Le Zuiderzee roule maintenant ses sinistres vagues à l'endroit où fut Stavoren. Lorsque la transparence des flots permet au regard de pénétrer dans l'abîme, le marinier voit encore aujourd'hui, avec effroi, les clochers et les portes élevées, les rues et les hauts pignons des palais de cette ville engloutie jadis si opulente et si belle.

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Langues disponibles: English Français Deutsch
Source: Frary, Marie Hariette / The sunken city, and other stories (5 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Vrouwtje van Stavoren / Súdwest-Fryslân (Staroven) / Frise / Pays-Bas

Il existait jadis, à ce que l’on raconte, une belle étendue de terre là où roulent aujourd’hui les vagues de la Zuiderzee.
À l’endroit même où les pêcheurs jettent maintenant l’ancre et lancent leurs lignes s’élevait autrefois une magnifique cité.
De puissantes digues la protégeaient de la mer.

Cette cité se nommait Stavoren, et ses habitants étaient extrêmement riches.
Certains possédaient une telle fortune qu’ils faisaient couvrir d’or et d’argent le sol de leurs vastes salles.
Malgré leurs richesses, ils étaient égoïstes, irréfléchis et durs de cœur.
Ils ne se souciaient aucunement des pauvres.

La personne la plus riche de la ville était une dame demeurée célibataire.
Elle possédait des palais, des fermes, des navires et des comptoirs commerciaux : tout ce que l’on pouvait désirer.
Mais elle ne songeait qu’aux moyens d’accroître encore sa fortune.
C’est dans cette intention qu’elle fit un jour appeler le capitaine de son plus grand vaisseau.

Lorsqu’il se présenta devant elle, elle lui ordonna de prendre la mer, de se procurer une cargaison composée des choses les plus précieuses qui fussent sur terre et de revenir avant la fin de l’année.
Ne sachant pas exactement ce qu’elle désirait, le capitaine lui posa quelques questions, mais elle se contenta de répéter son ordre et le congédia sur-le-champ.

Le capitaine quitta Stavoren sans savoir où il devait se rendre.
Une fois sorti du port, il réunit ses officiers et leur demanda conseil.
Chacun avait une opinion différente sur ce qui constituait la chose la plus précieuse au monde.

Le capitaine fut plongé dans une incertitude plus grande encore.
Durant de longues heures, il médita sur cette question en fumant sa pipe et en se grattant la tête.
Il finit par se dire que rien ne pouvait être plus précieux que le blé, qui est le soutien de la vie.

Il acheta donc une cargaison de céréales et regagna joyeusement sa ville natale, bien avant que l’année se fût écoulée.
Entre-temps, l’orgueilleuse dame avait raconté à tous ses amis que son vaisseau était parti à la recherche de la chose la plus précieuse au monde.
Elle ne voulait révéler à personne, pas même à son amie la plus proche, en quoi pouvait consister cette chose si précieuse.
Tout le monde était donc extrêmement curieux.

Lorsqu’un jour le capitaine se présenta soudainement devant elle et lui annonça qu’il avait rapporté une cargaison de blé, toute sa superbe disparut.
Elle entra dans une terrible colère et ordonna que chaque grain fût immédiatement jeté à la mer.
Horrifié par cet ordre, le capitaine la supplia de lui permettre de donner le blé aux pauvres.
Elle se contenta de répéter son commandement.

— Je descendrai moi-même jusqu’au port, déclara-t-elle, afin de m’assurer que chaque grain sera jeté à la mer.

Le capitaine regagna tristement son navire.
En chemin, il rencontra plusieurs mendiants et leur apprit qu’une cargaison entière de blé allait être précipitée dans la mer.
Lorsque la dame atteignit le quai, les pauvres étaient accourus de tous les quartiers de la ville dans l’espoir de recueillir une partie des céréales.

Quand la dame approcha, de nombreuses mains suppliantes se tendirent vers elle, mais ce fut en vain.
Furieuse et hautaine, elle obligea les marins à jeter tout le blé dans la mer.
Impuissant à empêcher ce gaspillage coupable, le capitaine observa la scène dans une colère silencieuse.
Lorsque le dernier grain eut disparu sous les eaux, il se tourna vers son orgueilleuse maîtresse.

— Aussi sûrement qu’il existe un Dieu au-dessus de nous, s’écria-t-il, vous serez punie pour ce péché.
Le jour viendra où vous, la personne la plus riche de Stavoren, désirerez ardemment quelques poignées de ce blé que vous avez gaspillé.

La dame écouta ses paroles dans un silence méprisant.
Lorsqu’il eut terminé, elle retira de sa main délicate une bague de grand prix et la jeta dans la mer.

— Lorsque cette bague me reviendra, déclara-t-elle, je croirai ce que vous dites et je commencerai à craindre de connaître un jour le besoin.

Quelques heures plus tard, le cuisinier de la dame préparait son dîner.
Il ouvrait un gros poisson que l’on venait de rapporter de la mer lorsque, à sa grande surprise, il aperçut la précieuse bague.
Il la fit immédiatement porter à son orgueilleuse maîtresse.
Lorsqu’elle la reconnut, celle-ci devint très pâle.

Peu après, on vint lui annoncer que l’un de ses comptoirs commerciaux avait été ruiné, et une nouvelle catastrophe lui fut rapportée le soir même.
Tous ses comptoirs avaient fait faillite.
Sa flotte avait été détruite en mer, ses palais brûlaient et ses fermes avaient été ravagées par les tempêtes.

En quelques heures, elle fut dépouillée de tout ce qu’elle possédait.
Le palais dans lequel elle demeurait brûla durant la nuit, et elle échappa de justesse à la mort.

Elle se retrouva alors véritablement seule et abandonnée.
Les riches de la ville ne se soucièrent plus d’elle dès lors que toute sa fortune eut disparu.
Quant aux pauvres, qu’elle avait toujours traités avec mépris, ils la laissèrent mourir de faim et de froid dans une misérable cabane.

La cité de Stavoren ne tira aucune leçon de la triste fin de l’orgueilleuse dame.
Les riches continuèrent à jouir de la vie tout en négligeant les pauvres.
Le sort de leurs malheureux semblables leur importait peu.
Tout comme la dame hautaine, ils étaient profondément égoïstes.

Avec le temps, le sable s’accumula dans le port, au point qu’il devint bientôt impossible aux navires d’y jeter l’ancre.
La situation ne cessa d’empirer.
Les vagues amassèrent tant de sable qu’un immense banc émergea au-dessus de l’eau et interrompit tout commerce.
Peu après, de petites pousses vertes couvrirent le banc de sable.
Les habitants les contemplèrent avec étonnement.

— C’est le Sable de la Dame, déclarèrent-ils.
C’est le blé qu’elle a jeté à la mer qui pousse à cet endroit.

Le blé grandissait très rapidement, mais ne produisait aucun grain.
La disparition du commerce importait peu aux riches, qui n’en souffraient pas.
Les pauvres, en revanche, furent plongés dans une grande détresse, car ils n’avaient désormais plus aucun travail.
Ils implorèrent l’aide des riches, mais leurs prières tombèrent dans l’oreille de sourds.

Peu de temps après, on découvrit une petite fuite dans la digue qui protégeait la cité.
L’eau de mer s’y infiltra et pénétra dans le réservoir municipal, rendant toute l’eau potable impropre à la consommation.

Les riches se contentèrent de rire et déclarèrent qu’ils boiraient du champagne, puisqu’il n’y avait plus d’eau.
Mais que pouvaient faire les pauvres ?
Ils se pressèrent autour des portes des riches et les supplièrent de leur accorder une gorgée de bière, mais on les chassa brutalement.

— Ce serait une bonne chose, disaient les riches, que ces misérables finissent réellement par mourir.
À quoi peuvent-ils bien servir, que ce soit à eux-mêmes ou à qui que ce soit d’autre ?

Les riches de Stavoren venaient de perdre leur dernière occasion de faire le bien.
Cette nuit-là même, lorsque les fêtards furent allés se coucher, la mer rompit les digues affaiblies.
Elle s’engouffra dans la brèche et recouvrit toute la cité.

Au-dessus de l’endroit où se dressait autrefois Stavoren, les vagues scintillent désormais sous la vive lumière du soleil ou se soulèvent et se brisent lorsque les vents froids accourent de la mer.

Des bateliers viennent en ramant depuis la petite ville de pêcheurs désolée qui porte aujourd’hui le nom de l’ancienne cité.
Lorsque les eaux sont calmes, ils immobilisent leurs rames et montrent, loin sous leur embarcation, les clochers, les tourelles et les palais de Stavoren.

Les rues de la vieille cité, autrefois si peuplées et maintenant ensevelies sous les vagues, sont désertes.
La place du marché est vide.
On n’y entend aucun bruit, sauf lorsqu’un poisson curieux, nageant à travers un clocher, heurte de sa queue l’une des cloches.
Un son lugubre retentit alors, semblable au glas funèbre de la cité engloutie.


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