La légende de la noce des esprit au château de Neu-Windeck [Lauf (Freiburg / Allemagne)]

Publié le 16 février 2024 Thématiques: Amour , Château , Chevalier , Demande en mariage , Disparition , Esprit , Fantôme , Mariage , Noblesse , Nuit ,

Château de Neu-windeck
Château de Neu-windeck. Source Gerd Eichmann, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
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Source: Anonyme / Les légendes des environs de Baden-Baden (1870) (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Château de Neu-Windeck (Château de Lauf) / Lauf / Freiburg / Allemagne

Entre Bühl et Achern, dans le voisinage du bain de la Houb, s'élèvent sur une charmante colline les ruines du château de Neu-Windeck, appelé aussi château de Lauf, autrefois la résidence d'une branche collatérale des souverains de Windeck, qui avant sa destruction n'était plus habité depuis longtemps à cause des esprits qui y exerçaient leur influence.

Un jour qu'un jeune page, étranger au pays, cherchait un gîte dans ce château, il aperçut de la lumière dans une chambre et monta l'escalier. Dans le grande salle, dite des chevaliers, une jeune fille était assise à une table et paraissait tellement plongée dans ses réflexions qu'elle ne s'aperçut pas de l'entrée du page. Cette jeune fille était belle comme une ange, mais les roses de ses joues semblaient pâlies par le chagrin. A la salutation du jeune homme, elle le regarda et lui fit un signe de tête. Et lorsqu'il eut exposé l'objet de sa demande, savoir de lui donner un asile pour la nuit, elle se leva, apporta du vin et du gibier, diverses sortes de volaille, et fit signe à l'étranger de se servir; mais le pain et le sel manquaient; il n'eut cependant pas le courage d'en demander, car tout lui semblait étrange dans ce château, surtout la demoiselle qui n'avait pas encore prononcé un seule parole. Le vin ayant animé ses esprits, il se tourna vers elle en disant: «Vous êtes sans doute la demoiselle de la maison ?» Elle fit un signe de la tête. «Et vos parents ?» Elle montra quelques portraits suspendus au mur, et dit à voix basse: «Je suis la dernière de ma famille.»

Cette jeune fille qui était fort belle plut toujours davantage au chevalier, qui ayant fait honneur à la bouteille, conçut l'idée de pouvoir faire son bonheur; lui prenant subitement la main, il lui demanda si elle était encore libre, et comme elle lui répondit par un signe affirmatif, il lui fit à l'instant une demande en marriage. Alors le visage de la demoiselle devint rayonnant, elle se leva, prit dans un tiroir deux anneaux et une guirlande de romarin, qu'elle plaça dans ses belles boucles noires, et fit signe à son amant de la suivre. Au même instant entrèrent deux vieillards vénérables en habits de cérémonie, qui le prirent, lui et la jeune fille, au milieu d'eux et les conduisirent à la chapelle du château. Sur un cénotaphe se trouvait une statue en bronze représentant un évêque. La vierge toucha cette statue, qui se leva lentement et se dirigea vers l'autel où les cierges s'étaient allumés d'aux-mêmes. Les traits d'airain de l'êvèque semblèrent s'animer, ses yeux brillèrent comme des étoiles à travers un léger brouillard, et d'une voix sourde il dit au jeune homme: «Kurd de Stein, avez-vous choisi la jeune fille ici présente, Bertha de Windeck, pour votre légitime épouse?» Le chevalier tressaillit, la parole expira sur ses lèvres et ses sens commencèrent à se troubler. Alors on entendit le chant du coq d'une métairie voisine, toute l'assemblée disparut, et un tourbillon de vent parcourut la chapelle, menaçant d'ébranler le château jusque dans ses fondements. Le chevalier tomba évanoui, et quand il revint à lui, il se trouva couché à côté de son cheval qui paissait tranquillement dans la cour du château.


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