Avant la construction de l’aciérie de La Sauvage, à la fin du premier quart du XVIIe siècle, cette vallée romantique était inhabitée et portait le nom de Val de la sauvage femme (la vallée de la femme sauvage).
Ce nom lui venait d’une femme sauvage qui avait élu domicile dans une des cavités rocheuses du rocher de La Gronnière [la Crosnière].
Selon la tradition, cette femme se nourrissait exclusivement de viande crue.
Elle était entièrement couverte d’une abondante chevelure qui lui tombait jusqu’aux pieds, et lui servait d’unique vêtement.
Ses yeux rougeoyants, bordés de cernes rouges, semblaient être des braises incandescentes.
Sa bouche extraordinairement large laissait apparaître deux rangées de dents, et sa voix perçante, pareille au cri lugubre d’une chouette, glaçait d’effroi.
Ses doigts étaient armés de griffes acérées, avec lesquelles elle déchiquetait le gibier qu’elle chassait ou les moutons qu’elle volait dans les champs.
Lorsqu’elle arriva au moment de sa mort, on raconte que l’enfer lui refusa l’entrée, car on la prenait pour la femelle d’un animal monstrueux.
Elle fut alors forcée de remonter sur terre, où elle hanterait la région chaque nuit sous forme de spectre effrayant, semant la terreur parmi les habitants.
Finalement, un pieux ermite de la forêt de Selomon réussit à chasser son esprit maléfique au-delà des mers, en invoquant saint Donat et Notre-Dame de Luxembourg.
Depuis, des images saintes furent placées dans la roche de La Gronnière en mémoire de cette libération miraculeuse.


