Sur le Grießchen, un petit plateau dominant la Leesbach entre Simmern et Greisch, se trouvait jadis une chapelle, et tout près une cellule qu’un pieux ermite s’était fait aménager dans le rocher.
Le diable tourmentait sans cesse l’ermite et lui apparaissait sous la forme d’un bouc. Mais l’ermite saisit le bouc par la barbe et le roua de coups. Dès lors, le diable laissa l’ermite en paix.
Selon d’autres, le diable alla jusqu’à le jeter hors de son lit. Quand cela arrivait, l’ermite prenait alors son lit et allait dormir au cimetière : là, le diable était obligé de le laisser tranquille. Parfois aussi, quand l’ermite montait la colline, trois jeunes filles se mettaient à flotter devant lui pour le tenter.
Un jour, deux paysans vinrent le trouver et le prièrent de descendre avec eux vers la Leesbach : là, disaient-ils, une vache noire était couchée dans la bourbe, et ils n’arrivaient pas à la tirer de là. Le frère y alla. Lorsqu’il arriva près de la vache, il la prit par la queue et dit : « Au nom de Dieu, lève-toi, hop ! » Aussitôt, la vache avait disparu.
L’ermite remonta alors la colline et regagna sa cellule. En entrant, il trouva un grand feu allumé sur le foyer, bien qu’il n’en eût pas fait lui-même, et deux belles jeunes filles assises là. Mais le frère passa vite devant elles, entra dans une pièce voisine et se mit à prier dans un livre. Quand il ressortit, tout avait disparu.
Une fois, le pape donna au reclus une petite cloche. Quand il la faisait sonner, tous les mauvais esprits devaient s’enfuir, jusqu’à la limite où l’on pouvait entendre la cloche. À partir de ce moment-là, le frère eut enfin la paix.


