La légende de la révolte des femmes de Rouffach [Rouffach / Haut-Rhin / France]

Published on Sept. 30, 2024 Themes: Agression sexuelle , Armée , Attaque , Château , Combat , Couronne , Eglise , Enlèvement , Evèque , Femme , Fuite , Injustice , Jeune fille , Légende historique , Libération , mère , Noblesse , Origine d'une tradition , Pâques , Roi | Empereur , Soldat , Vengeance , Victoire , Vierge , 170 vues

Château d'Isenbourg
Château d'Isenbourg. Source 0x010C, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
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Source: Wetterlé, Émile (abbé) / Notre Alsace, notre Lorraine (moins d'1 minute)
Contributeur: Fabien
Location: Eglise Notre-Dame de l'Assemption / Rouffach / Haut-Rhin / France
Location: Château d'Isenbourg / Rouffach / Haut-Rhin / France

Voici la ville de Rouffach, dominée par le château d'Isenbourg, ancienne résidence des rois mérovingiens, que Dagobert II avait donnée à l'évêché de Strasbourg. L'empereur d'Allemagne, Henri IV, s'en étant rendu maître par surprise, la traitait en pays vaincu.

Il advint que, le matin de Pâques 1105, l'empereur Henri IV étant au château, le gouverneur fit enlever une jeune fille. A ses cris, la mère accourut. Elle entendit la lourde porte du château se refermer sur le ravisseur. Les hommes de la ville, appelés à la rescousse, considérèrent les hautes tours du château, les murs épais de quatre coudées, tout ce superbe appareil dont ils connaissaient la force et la cruauté. Impossible de délivrer la captive.

La mère indignée saisit une hache. D'autres femmes la suivirent. Les sentinelles du château furent bousculées, et l'assaut fut donné avec une fougue irrésistible. Les femmes trouvèrent d'instinct les passages secrets. Elles arrivèrent à la chambre où se tenait, qui ? Le châtelain' de Rouffach? Non. L'empereur d'Allemagne Henri IV en personne.

L'empereur s'enfuit, abandonnant sceptre et couronne. Lanière, serrant sa fille sur son cœur, se rendit à l'église. Les femmes la suivirent. Elles offrirent à la Vierge le sceptre et la couronne. Puis, au lieu de s'installer sur les bancs de gauche, elles se mirent sur les bancs de droite, à la place réservée aux hommes. Depuis ce temps, dans l'église de Rouffach, le côté droit reste toujours réservé aux femmes.

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Available languages: Deutsch Français English
Source: Mündel, Curt / Die sagen des Elsasses (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Location: Eglise Notre-Dame de l'Assemption / Rouffach / Haut-Rhin / France
Location: Château d'Isenbourg / Rouffach / Haut-Rhin / France

Après que l’empereur Henri IV se fut déclaré en faveur de l’antipape Clément, il voulut contraindre tous les évêques de l’Empire à le reconnaître ; quant à ceux qui s’y refusaient, il leur ôtait leurs évêchés.

C’est ce qui arriva aussi à l’évêque de Strasbourg. Par ordre impérial, on lui enleva Rouffach, capitale du Haut-Mundat, l’un des plus anciens biens des évêques de Strasbourg. Le château fut occupé par des troupes, et les habitants opprimés avec une extrême cruauté.

Ces violences s’aggravèrent encore sous le règne d’Henri V, qui rassembla une forte armée tout autour de la ville.

En ce temps-là, en 1106, le châtelain impérial se montrait particulièrement odieux envers les habitants de Rouffach, qui, incapables de se défendre, devaient subir toutes les injustices. Mais l’heure de la vengeance devait venir.

Le jour de Pâques, le prévôt avait fait enlever une belle fille de bourgeois qui s’apprêtait à aller à l’église avec sa mère, et l’avait fait conduire au château. Le désespoir de la mère ne connut plus de bornes. Elle exhorta les hommes à prendre les armes, à sauver sa fille du déshonneur et à secouer enfin le joug honteux de la domination étrangère. Mais les hommes n’osaient pas affronter la supériorité de l’ennemi. Alors la mère angoissée se tourna vers les femmes, les adjurant, au nom de l’amour qu’elles portaient à leurs propres enfants — eux aussi exposés à la fureur du tyran —, de lui venir en aide dans son malheur. Ses paroles trouvèrent un écho dans le cœur des mères. Elles s’armèrent, pénétrèrent dans le château, enfoncèrent les portes, et avant que la garde, qui ne s’attendait nullement à une telle attaque, eût pu saisir ses armes, elle fut taillée en pièces par ces femmes héroïques. « Elles étaient, dit le chroniqueur Herzog, toutes hommes par leur colère. »

Alors le courage revint aussi aux hommes, couverts de honte. Toute la population se souleva. Partout, les troupes impériales tombèrent sous les coups des bourgeois victorieux. L’empereur lui-même n’échappa qu’avec peine et s’enfuit à Colmar.

Les femmes portèrent en triomphe à l’église la couronne, le sceptre et le manteau qu’il avait laissés derrière lui, et les déposèrent sur l’autel de la sainte Vierge.

Depuis ce temps, les femmes de Rouffach eurent la préséance sur les hommes lors de toutes les cérémonies et sorties publiques. Ce privilège subsisterait encore aujourd’hui dans le fait qu’à l’église elles occupent les sièges situés à droite de l’autel.


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