La légende du Diable et de Saint Remacle [Stavelot / Province de Liège / Belgique]

Veröffentlicht am 3. November 2022 Themen: Abbaye | Monastère , Ange , Diable , Diable défait , Diable roulé , Dolmen | Menhir , Légende chrétienne , Origine , Origine d'une roche , Pierre | Roche , Ruse , Saint | Sainte , Saint Remacle , Vêtements , 168 vues

Abbaye de Stavelot
Sjaak Kempe, CC BY 2.0 , via Wikimedia Commons
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Source: Meyrac Albert / Traditions, légendes et contes des Ardennes (moins d'1 minute)
Ort: Abbaye de Stavelot / Stavelot / Province de Liège / Belgique

Saint Remacle venait de bâtir son monastère de Stavelot et s'apprêtait à en faire la dédicace lorsqu'un ange, envoyé par saint Martin, vint lui apprendre qu'un grand danger le menaçait. Satan, furieux de l'avoir pour rival et prévoyant que ce nouveau monastère lui vaudrait un surcroit de tribulations, avait résolu d'en finir avec ces prédications importunes. Il venait, chargé d'une grosse pierre pour la laisser choir sur l'église au moment où saint Remacle serait pieusement occupé à chanter les louanges du Seigneur.

Le saint comprit qu'il n'avait pas de temps à perdre et, ramassant toutes les vieilles sandales qu'il pût trouver dans les cellules, il emplit une hotte, en chargea l'un de ses moines et, donnant ses dernières instructions, lui dit quel chemin il aurait à suivre. 

Arrivé à quelques lieues de Stavelot, le rusé messager rencontra Satan, sa grosse pierre sur le dos... Dès qu'il aperçut le moine, il feignit une fatigue extrême et lui demanda s'il était encore fort éloigné de Stavelot. Or, le moine, vidant tout aussitôt sa hotte de vieilles sandales : « Jugez-en vous-même, répondit-il, tout cela était neuf quand je suis parti. »

A ces mots, Satan, qui déjà trouvait la marche fort longue, lâcha un juron diabolique et, jetant sa pierre au loin, il l'envoya à tous les diables, ainsi que saint Remacle.

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Source: Harou Alfred / Revue des Traditions Populaires (moins d'1 minute)
Ort: Rocher du Faix du Diable / Trois-Ponts / Région Wallone / Belgique
Ort: Abbaye de Stavelot / Stavelot / Province de Liège / Belgique

Saint Remacle venait de bâtir l'abbaye de Stavelot (province de Liège); on devait en faire la dédicace le lendemain et un ange avertit le saint que Satan arrivait avec une grosse pierre qu'il se proposait de laisser tomber sur le toit au bon moment.

Saint Remacle se fit apporter tous les vieux souliers que l'on put réunir et s'en alla à la rencontre du diable. La rencontre eut lieu près de Vanne, au-dessus d'une rude montée. L'autre ayant demandé le chemin de Stavelot, et s'il en était encore éloigné, Saint Remacle vida le sac aux souliers et dit: - Voilà ce que j'ai usé de chaussures depuis que j'ai passé par là ! - Matin ! dit le diable, je n'arriverai jamais à temps pour la cérémonie !

Et, découragé, il laissa tomber son bloc qui se brisa et s'enfonça dans le sol, où il est resté.

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Source: Lemoine Jules / Le folklore au pays Wallon (moins d'1 minute)
Ort: Rocher du Faix du Diable / Trois-Ponts / Région Wallone / Belgique
Ort: Abbaye de Stavelot / Stavelot / Province de Liège / Belgique

Quand Saint-Remacle bâtissait l'abbaye de Stavelot, le diable avait essayé par tous les moyens de le détourner de son entreprise. Mais le saint, fort de la protection divine, parvint à terminer le monastère.

La veille du jour où devait se faire la dédicace de l'église, le diable au désespoir, s'en alla ramasser, loin d'ici, la plus grosse pierre qu'il put trouver, dans le dessein de la lancer sur le toit, pendant la cérémonie, pour qu'elle enfonçât la voûte et écrasât les religieux sous ses débris. Heureusement, la nuit même, un ange était apparu à Saint-Remacle et l'avait averti du nouveau danger qui le menaçait.

Le matin venu, le saint donna ordre de lui apporter tous les vieux souliers, toutes les vieilles semelles qu'on put trouver; il les fit mettre dans un sac, les chargea sur les épaules d'un de ses disciples et l'envoya sur le chemin que le diable devait suivre. Le disciple rencontra l'ennemi du genre humain au moment où il venait de gravir, avec son énorme fardeau, la côte qu'on nomme le Tier-au-Diable.

Il suait sang et eau et s'était arrêté pour reprendre haleine. -"Camarade, dit-il à l'homme au sac, y a-t-il encore loin d'ici à l'abbaye de Stavelot?

L'autre, avant de répondre, vida le sac à ses pieds. " Voyez, dit-il, j'en viens, de l'abbaye de Stavelot. Je ne sais pas au juste quelle distance j'ai parcourue, mais voici les débris de toutes les chaussures que j'ai usées, depuis que je suis en marche.

Le diable jeta sur ce monceau de semelles un regard découragé, et jugeant par là de la longueur du chemin qui lui restait à faire, il désespéra d'arriver à temps à Stavelot pour empêcher la dédicace du monastère. Il laissa glisser de ses épaules la pierre qu'il portait, fit entendre un blasphème si horrible que les anges se signèrent au paradis, et disparut.

Le Faix du Diable resta à la place où il était tombé, sans qu'aucune force humaine soit jamais parvenue à le soulever.

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Source: Pitz, Louis / Contes et légendes de Lorraine (3 minutes)
Contributeur: Fabien
Ort: La hotte du Diable / Milly-sur-Bradon / Meuse / France
Ort: Abbaye de Stavelot / Stavelot / Province de Liège / Belgique

Les rochers solitaires, les pierres aux formes bizarres étaient, à l’époque gauloise, l’objet d’une vénération religieuse. C’était là que siégeaient les anciens dieux ; c’était là qu’ils recevaient le culte et les hommages de leurs fidèles.

La pierre de Milly, près de Dun-sur-Meuse, en est l’un des rares exemples en Lorraine, terre trop souvent bouleversée par les invasions étrangères. Si l’on en croit les très anciens chroniqueurs locaux, cette pierre, sous le nom de « Petra Pertusa », pierre percée, aurait servi jadis de frontière entre la Neustrie et l’Austrasie.

Elle est également connue sous le nom de hotte du Diable, car l’imagination des chrétiens primitifs, substituant Satan aux dieux du paganisme, ou les confondant dans la même réprobation, ne pouvait manquer de donner à ce rocher, naguère lieu de culte païen, une origine diabolique.

Cela se passait, en effet, dans les temps très reculés où les dieux du panthéon gallo-romain venaient juste de céder la place au Dieu unique des chrétiens.

Saint Saintin avait évangélisé Verdun ; et Saint Remacle, l’apôtre des Ardennes, avait eu bien du mal à chasser des forêts de la Woëvre tous les Satyres, Priapes, Dryades et Walkyries qui y avaient élu domicile depuis des temps immémoriaux.

Satan, impuissant, voyait ainsi ses forteresses tomber l’une après l’autre. Il ne savait plus où se réfugier. Il n’osait plus s’approcher des lieux sanctifiés par la foi nouvelle.

Mais il est tenace et ne voulait pas avouer sa défaite. Il résolut donc de tenter un suprême effort en vue de reconquérir son ancien royaume.

Il en voulait tout particulièrement aux moines de Saint Remacle, qui s’étaient installés à Stavelot, en pays wallon, et qu’il accusait de tous ses malheurs. Il décida de les anéantir.

Il arracha une montagne de granit, y fixa un gros anneau d’airain et la chargea dans une hotte sur ses épaules. Il descendit la vallée de la Meuse, évitant Verdun, dont l’accès lui était interdit depuis l’arrivée de Saint Saintin. Son intention était de broyer le monastère de Stavelot sous l’énorme masse de rocher.

Le « Roi enfumé » cheminait lentement, ployant sous le fardeau qui lui écrasait les épaules. Mais la colère et la certitude de porter un coup décisif à ses ennemis décuplaient ses forces.

Cependant, son passage répandait partout la flamme et le soufre. Il défrichait ainsi par le feu les endroits qu’il traversait, grillant des prairies marécageuses, incendiant des forêts impénétrables. Il opérait ainsi « le brûly », rendant sans le savoir de précieux services aux futurs habitants de ces contrées.

Mais Saint Remacle fut averti du péril qui menaçait son monastère et, sans hésiter, résolut de s’opposer aux funestes desseins du diable.

Vêtu de la bure, armé de son bâton de pèlerin, il partit à sa rencontre. Sur le dos, il portait une hotte, dans laquelle il avait jeté pêle-mêle toutes les vieilles sandales de ses moines.

Il rejoignit bientôt le diable dans la région de Stenay.

Épuisé par sa longue marche et par le poids de sa charge, le démon avait jeté le rocher à terre et s’était assis dessus. Son front ruisselait d’une sueur phosphorescente et son haleine sentait le soufre brûlé. Il scrutait attentivement l’horizon, cherchant son itinéraire.

Bientôt, il aperçut un vieillard à la chétive allure, qui boitait et portait une hotte dont le poids paraissait l’écraser. C’était Saint Remacle. Mais Satan ne le reconnut pas.

Quand il fut à portée de la voix, Satan se leva et s’avança vers lui :
— Salut, vieillard étranger !
Saint Remacle, sans se démonter, lui rendit son salut.
— Où vas-tu donc comme cela ? demanda le diable, qui voulait engager la conversation pour savoir l’endroit exact où se trouvait le fief de ses ennemis.
— À Rome, répondit Saint Remacle.
— C’est bien loin, en effet.
— Et toi, où te rends-tu ? Tu parais tout rompu de fatigue, poursuivit le Saint.
— Je vais à Stavelot. Mais, dis-moi, vieillard, est-ce encore loin ?
— Mon pauvre ami, c’est loin, très loin encore. Moi qui te parle, j’en viens. Eh bien ! regarde ma hotte. J’ai usé toutes ces chaussures depuis que je suis parti de cette ville.
— Comment ! dit le diable, en voyant le nombre impressionnant de sandales qui s’entassaient dans la hotte du voyageur. C’est donc si loin ?
— Hélas, oui, répondit Saint Remacle.

À ces mots, le diable comprit qu’il n’atteindrait jamais le monastère avec son fardeau. Une terrible colère s’empara de lui. Dans sa rage, il saisit le rocher, en détacha l’anneau, et lança l’énorme masse dans les airs. La pierre décrivit dans le ciel une immense parabole jusqu’au-dessus de l’horizon et elle alla retomber bien loin de là, au milieu de la plaine de Dun.

C’est ce qui lui valut son nom.

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Source: Harou Alfred / La Tradition (moins d'1 minute)
Contributeur: Fabien
Ort: Rocher du Faix du Diable / Trois-Ponts / Région Wallone / Belgique
Ort: Abbaye de Stavelot / Stavelot / Province de Liège / Belgique

Il prit un jour fantaisie au diable d'amener entre Wanne (Liège) et Grand Halleux (Luxembourg) un énorme monolithe, destiné à écraser St-Remacle et le monastère qu'il venait de fonder à Stavelot. On peut encore voir aujourd'hui la place qu'occupait un gros anneau de fer soudé à cette pierre et qui servit à la transporter.

C'en était fait de St-Remacle, si un ange ne lui était apparu et ne l'avait averti du danger qu'il courait. En homme bien avisé, Remacle usa d'un stratagème, car avec Satan il faut ruser. Il se fit donc apporter tous les vieux souliers qu'on put recueillir, et ordonna qu'on les mit dans un sac. Cette opération terminée, il appela un de ses disciples, lui donna ses instructions et lui remit le sac. Le disciple de St-Remacle s'en alla par le chemin que devait suivre le diable. Au Tier-au-Diable, il rencontra Satan, son fardeau sur les épaules, qui suait sang et eau et qui s'était arrêté pour reprendre haleine. « Camarade, dit-il au disciple, y a-t-il loin d'ici à l'endroit où l'évêque Remacle bâtit son monastère? Voici, fit le disciple en vidant son sac aux pieds du diable, les débris des chaussures que j'ai usées depuis mon départ du monastère. » Le diable jeta un regard découragé sur les chaussures, laissa glisser la pierre, proféra un formidable blasphème et disparut.

Le faix du Diable resta à la place où il était tombé, sans qu'aucune force humaine soit jamais parvenue à le soulever.


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