De son vivant, il était un homme respecté. À ce titre, il administrait les biens d’une veuve. Mais, en secret, il abattait du bois dans sa forêt et déplaçait les bornes qui délimitaient ses terres. En punition, il dut demeurer dans cette forêt même après sa mort, et les enfants nés pendant les Quatre-Temps l’entendaient souvent scier du bois. Bien des gens, la nuit, ne pouvaient plus quitter cet endroit avant que ne sonne la cloche de la prière.
Un soir, alors qu’un jeune homme traversait cette forêt, il rencontra un homme vêtu d’une longue robe blanche retenue par une ceinture colorée. Il portait une scie à la main. Longtemps, les bras écartés, il fixa le jeune homme au visage. Dès ce jour, celui-ci ne fut plus comme auparavant. Très souvent, un oiseau lui apparaissait et venait se poser sur son épaule. Lorsqu’il voulait l’attraper, hop ! l’oiseau avait disparu, tandis que les oiseaux perchés dans les arbres voisins se mettaient à pousser de grands sifflements et des cris. Peu après, le jeune homme mourut.
A. Sprenger.


