Papa-lau-ahi (« la feuille-de-feu étouffée ») était un chef qui, jadis, gouverna le district de Puna. Il excellait dans les sports du peuple. Son plus grand plaisir était de rassembler toutes les familles pour donner des fêtes et des jeux. Il provoquait les chefs voisins à toutes sortes d’épreuves en combat singulier, et presque toujours il en sortait vainqueur.
Un jour, les chefs se livraient à leurs divertissements sur les pentes des collines, autour d’une plaine où une multitude de gens pouvait les voir et les applaudir. Pele entendit un grand tumulte — cris, acclamations, claquements de mains — et elle eut envie d’assister au spectacle. Sous l’apparence d’une femme d’une grande beauté, elle apparut soudain sur la crête de l’une des collines, là même d’où Papa-lau-ahi descendait en glissant.
Empruntant un traîneau à l’un des chefs, elle se prépara à courir contre lui. Mais il était plus habile, et ne tarda pas à lui prouver qu’elle était vaincue. Alors vinrent les railleries, les paroles mordantes, puis, chez Pele, la perte totale et soudaine de tout contrôle d’elle-même. Elle frappa du pied le sol, et des flots de lave jaillirent, détruisant nombre de chefs qui fuyaient en tous sens.
Les spectateurs, saisis de stupéfaction et de terreur, furent changés en une multitude de piliers de lave, immuables — ne changeant jamais, ne bougeant jamais, à travers tous les âges.
Papa-lau-ahi s’enfuit devant son adversaire ; mais elle, portée sur ses vagues de feu, les poussait à aller toujours plus vite, jusqu’à ce qu’elle l’engloutît dans les flammes, détruisant lui et tous ses biens.


