La légende de Saint Calais d'Anille et de la fondation de la ville [Saint-Calais / Sarthe / France]

Publié le 4 avril 2026 Thématiques: Animal , Animal choisissant un lieu , Animal indiquant un lieu , Boeuf , Chasse , Légende chrétienne , Miracle , Moine , Noblesse , Oiseau , Origine , Origine d'une ville , Protection , Roi | Empereur , Saint | Sainte , Saint Calais d'Anille , Ville , 4 vues

Église Notre-Dame de Saint-Calais
Église Notre-Dame de Saint-Calais. Source Clément Auvitu © 2011, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
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Source: Hilton, Agnes Aubrey / Legends of saints and birds (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Eglise Notre-Dame / Saint-Calais / Sarthe / France

En France, au sixième siècle, vivait un saint nommé Carileff. Il demeurait dans un monastère ; mais la renommée de ce monastère s’étant répandue dans le pays, de nombreux pèlerins s’y rendirent. Carileff et un compagnon décidèrent donc de partir à la recherche d’un lieu plus retiré. Ils marchèrent jusqu’à trouver les ruines d’une villa romaine, et ils s’y installèrent. Près des ruines poussait une vigne, mais elle était depuis longtemps abandonnée : les ceps avaient couru à l’état sauvage. Carileff se mit à l’ouvrage pour y remédier, taillant la vigne et l’attachant.

Un jour de printemps, tandis qu’il travaillait, le soleil brillait si fort qu’il ôta son capuchon et le suspendit à un chêne, pour être plus à l’aise pendant son labeur.

À la fin du jour, quand le soleil déclinait, il revint chercher son capuchon. Mais un minuscule visage apparut entre les plis ; deux yeux brillants le regardèrent timidement. C’était un petit roitelet, qui croyait avoir trouvé là un nid bien doux où pondre ses œufs et élever ses petits.

Lorsque l’oiseau vit Carileff, il se retira plus profondément dans le capuchon ; car le roitelet a toujours tendance à se cacher plutôt qu’à s’envoler devant le danger. Mais Carileff lui parla, lui sifflant des sons aussi doux que les siens. Et il laissa le capuchon suspendu là ; bientôt six oisillons y apparurent, et le roitelet laissa même le saint les caresser.

Un jour, Carileff retourna au monastère d’où il venait pour raconter à l’abbé l’histoire de dame Roitelet. L’abbé dit :
« Ce n’est pas un hasard, mon fils. Retourne là-bas, car un grand monastère s’élèvera un jour à l’endroit même où le roitelet a niché dans ton capuchon. »

Carileff revint donc, et demeura en ce lieu.

D’autres animaux aimaient aussi Carileff. On raconte qu’un noble buffle venu de la forêt s’approchait et se laissait caresser, tandis qu’il lui frottait l’encolure hérissée. Chaque jour le buffle revenait pour qu’on le gratte entre les cornes ou sur son cou puissant, puis il repartait au galop dans la forêt.

Mais un jour le roi Childebert chassait dans le bois ; et apprenant qu’on avait vu un buffle — déjà rare dans les forêts de Gaule — il voulut le tuer. On lâcha donc les chiens, et la chasse commença. Le buffle s’enfuit, encore et encore, jusqu’à parvenir auprès de son ami Carileff ; et là, il s’arrêta, se sentant en sûreté auprès de l’homme saint.

Alors le roi et les chasseurs arrivèrent ; le roi fut irrité de voir le buffle debout ainsi, Carileff à genoux en prière à ses côtés, et il aurait voulu abattre l’animal.

Mais Carileff parla avec douceur au roi, si bien qu’au bout d’un moment celui-ci promit de laisser le buffle repartir sans mal. Et plus encore : le courage et la piété du saint lui touchèrent tellement le cœur qu’il lui promit aussi autant de terre qu’il pourrait en entourer en une journée en chevauchant un âne. Sur cette terre fut bâtie l’abbaye autour de laquelle s’est ensuite développée la ville de Calais.


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