The Legend of Charlemagne and Elbegast at Ingelheim [Ingelheim am Rhein / Rhénanie-Palatinat / Germany]

Publié le 9 novembre 2023 Thématiques: Ange , Assassinat , Brigand , Charlemagne , Château , Chevalier , Combat , Complot , Conspiration , Demande divine , Duel , Envoyé divin , Fidélité , Générosité , Légende chrétienne , Mort , Noblesse , Nuit , Origine , Origine d'un nom , palais , Pardon , Prévenir d'un danger , Récompense , Rédemption , Repentir , Roi | Empereur , Ruse , Signe divin , Trahison , Vol , 108 vues

Palais impérial d'Ingelheim
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Source: Frary, Marie Hariette / The sunken city, and other stories (3 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Palais impérial d'Ingelheim / Ingelheim am Rhein / Rhénanie-Palatinat / Germany

Charlemagne had had a new palace built for him in a beautiful spot near the Rhine. When it was completed, he went to visit it. On the first night that he slept in the palace, a very strange incident occurred. An angel came and stood beside his bed.

“Arise,” it seemed to say to him. “Arise, go forth, and enter secretly into the house of Arnot.”

The Emperor was so astonished by this command that he did not know what to do. He could scarcely believe that such an order could come from an angel, so he did not move. But the command was repeated, and then repeated once again.

When the angel commanded him for the third time to go and enter secretly into the house of Arnot, he arose, went quietly to his stable, saddled his horse himself, and rode silently out into the darkness in the direction of the home of Arnot, one of his most trusted ministers.

As he rode thoughtfully along the dark road, he heard someone approaching and soon perceived that it was a knight clad in dark armor. Charlemagne could think of no honorable mission upon which a man might be riding at such an hour, so he challenged him.

“Whither goest thou, and upon what mission at this hour of the night?” he demanded.

The knight did not answer but put spurs to his horse and charged at the Emperor. Seeing this movement, the Emperor did likewise, and the two met with a violent shock. Both were unhorsed, and in the hand-to-hand conflict that followed, the Emperor gained the advantage over the unknown knight and brought him to the ground. With his sword at the knight’s throat, he demanded his name.

“I am Elbegast,” he replied, “a notorious robber knight, and I have committed many a bold deed. Thou art the first man who has ever had the power to overcome me.”

“Arise,” said the Emperor, without revealing who he was, “and come with me. I am engaged upon a mission like thine own.”

Without hesitation, the robber knight joined his conqueror.

“I have vowed,” said the Emperor, “not to return home until I have broken into the house of the Emperor’s most trusted minister.” So saying, he led the way to the house of Arnot.

Elbegast was not long in gaining entrance. Bidding his companion wait for him outside, he stole noiselessly into the house.

As he approached the minister’s bedroom, the sound of voices engaged in earnest conversation reached his ears. He listened and heard the minister disclose to his wife a plan to murder the Emperor on the following day.

Forgetting the purpose for which he had come to the house, the knight hurried back to his companion and begged him to go at once to Charlemagne and warn him of the approaching danger.

“I myself would gladly go to save the Emperor’s life, but I would surely fall into trouble because of my many evil deeds, and the Emperor would most likely refuse to believe me. Yet, whatever I may have done, I greatly admire the man who has never been conquered in battle and who has always labored for the good of his people.”

Then Charlemagne and Elbegast parted, one returning to his stronghold in the mountains and the other slowly and thoughtfully retracing his steps to the palace.

On the following day, the ministers attempted to carry out the plot they had formed against the Emperor, but their plans were thwarted. Charlemagne took them all into custody, and they confessed their conspiracy against him.

Charlemagne, however, was noble and generous by nature and pardoned all those who had conspired against him. His generosity made them so ashamed of their plot that they vowed to serve him ever afterward with true loyalty. It is said that every one of them faithfully kept his promise.

Charlemagne then resolved to reform Elbegast and sent a messenger asking him to come to the palace.

“I, Charlemagne, Emperor of Germany,” the message read, “wish to speak privately with Elbegast, the robber knight, and promise him safe conduct to and from the palace.”

In response to Charlemagne’s request, Elbegast came to the palace and was admitted into the private council chamber. Soon a man clad in armor entered, and Elbegast recognized the knight who had accompanied him on the adventure at Arnot’s house.

“Elbegast,” said Charlemagne, “you recognize me, and yet you do not know me.”

Then Charlemagne raised his visor, and the knight saw that he was standing in the presence of the Emperor.

“You have rendered me faithful service,” continued the Emperor. “I am always in need of loyal servants, and I offer you a place among my retainers. A man of your courage and skill is worthy of serving the Emperor.”

Elbegast was so deeply moved that he could scarcely speak. Charlemagne was the only man who had ever succeeded in disarming him, and Elbegast therefore admired him greatly. More than this, the Emperor’s kindness touched his heart. He willingly abandoned his evil way of life and became a devoted follower of Charlemagne.

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Source: Kiefer F.J. / Légendes et traditions du Rhin de Bâle à Rotterdam (6 minutes)
Lieu: Palais impérial d'Ingelheim / Ingelheim am Rhein / Rhénanie-Palatinat / Germany

Charlemagne s'étant un soir endormi dans son palais aux bords du Rhin, vit en songe un ange entouré d'une auréole lequel dit en se plaçant devant la couche du monarque: „Leve-toi, grand empereur! le destin veut que cette nuit même tu sortes seul et à l'insu de tout le monde pour aller commettre un vol."

Charles s'éveilla; le songe lui parut d'une bizarrerie singulière, et tout en y réfléchissant il se rendormit. Le même ange se présenta à lui, mais cette fois ses ordres étaient plus pressants, plus impératifs: „Hâte-toi, o roi,“ dit-il, „lève-toi et va voler! C'est pour le bien de ton corps, pour le salut de ton empire; une puissance supérieure se sert de moi pour te faire connaître sa volonté immuable."

Effrayé de cette sommation réitérée qu'il ne pouvait plus considérer comme l'effet d'un vain songe, l'empereur se leva aussitôt de sa couche. En vain se creusait-il l'esprit pour découvrir le sens des paroles de l'ange qui lui enjoignait à lui, le plus grand des monarques de l'Occident, de commettre une action basse et déshonorante.

Cependant cette apparition lui avait manifesté d'une manière précise la volonté céleste à laquelle Charles était habitué d'obéir avec une aveugle soumission. Il se décida-donc à suivre le commandement du Ciel sans s'inquiéter du reste. Il s'habilla, s'arma, se rendit à l'écurie où il sella de ses propres mains son coursier favori et sortit du château. Aucun de ses valets, non plus que la garde du château, ne s'était aperçu de son départ; tous, comme par enchantement, étaient plongés dans un sommeil léthargique. Il se dirigea vers la forêt voisine se disant en lui-même: „Puisque c'est la volonté manifeste du Seigneur que je fasse une chose que j'ai en horreur depuis mon enfance, j'obéirai; mais je ne sais comment m'y prendre pour voler, et le fameux voleur Elbegast que j'ai fait poursuivre jusqu'ici sans relâche, me serait bien utile dans ce moment. Je le récompenserais, s'il m'apprenait à accomplir cette oeuvre nocturne, où s'il m'assistait au moment fatal."

Tout en faisant ces réflexions le roi, à la faible clarté de la lune, vit venir à lui un chevalier solitaire. Celui-ci paraissait également avoir remarqué Charles, et s'avançait vers lui de manière à se trouver bientôt face à face avec le monarque. L'étranger portait une armure noire qui le couvrait de la tête aux pieds, il montait un cheval noir ayant un caparaçon de la même couleur. Ce cavalier examinait avec une attention curieuse l'empereur qui de son côté aurait bien voulu savoir quel était celui qui chevauchait ainsi dans la forêt au milieu de la nuit. La couleur noire de cet être silencieux ne lui paraissait pas de bon augure; l'empereur frémit même à la pensée que ce pouvait bien être le diable en personne venant lui tendre un piège à cette heure où l'enfer a tout pouvoir sur les hommes.

L'étranger rompit toutefois le premier le silence, disant: „Qui êtes-vous, vous qui couvert de votre blanche armure, vagabondez nuitamment sur les sentiers non frayés de la forêt? Etes-vous un serviteur du roi cherchant la piste d'Elbegast qui hante ces bois? Si vous chevauchez dans ce dessein, vous échouerez; car plus agile que le vent, plus fin que les conseillers de la cour impériale, celui-là connait mieux que le renard et le chevreuil les détours de ces lieux sauvages." „Mon chemin n'est point le vôtre,“ répliqua Charles, „nul autre que l'empereur n'a le droit de me demander compte de mes actions; et si ma réponse n'est pas à votre goût, je suis prêt à vous rendre raison, comme il convient à un chevalier." Ce disant, il tira l'épée du fourreau et se prépara au combat. Au même instant le cavalier noir fit reluire dans l'obscurité sa lame acérée, et l'attaque terrible commença. L'étranger frappa le casque de l'empereur d'un coup si violent que sa lame vola en éclats; dès lors il fut sans défense. Charlemagne eut rougi de tuer son adversaire désarmé, il lui dit: „Je ne veux point votre vie; vous serez libre, si vous me dites qui vous êtes et pour quel motif vous errez dans ces lieux ?“ „Je suis Elbegast,“ répliqua l'autre; „du jour que j'ai perdu mon avoir et que Charlemagne m'a banni du pays, je me procure des moyens d'existence par le vol et le brigandage. Jusqu'ici personne n'a su me vaincre; vous êtes le premier qui ayez eu cet avantage. Puisque vous agissez si noblement envers moi, dites6moi ce que je pourrai faire pour vous témoigner ma reconnaissance?“ „Si vous êtes le fameux voleur Elbegast dont l'empereur a mis depuis longtemps la tête à prix, témoignez moi votre reconnaissance en m'aidant à commettre un vol. Je fais cette excursion nocturne pour voler l'empereur; votre assistance pourra m'être utile à cette besogne, venez donc avec moi et faisons cette oeuvre en commun.“ „Je ne vole point le roi,“ reprit Elbegast, „s'il m'a enlevé mes biens et ma fortune, s'il m'a exilé, il ne l'a fait qu'à l'instigation de ses mauvais conseillers, et loin de moi la pensée de vouloir pour cela nuire à mon Seigneur. Je ne vole que ceux qui ont amassé leurs trésors par la rapine. Connaissez-vous le comte Eggeric d'Eggermonde? allons chez lui; il a ruiné plus d'un honnête homme; il priverait même l'empereur de son honneur et de sa vie, si cela était en son pouvoir.“ Charlemagne se réjouit intérieurement de découvrir en Elbegast des sentiments si profonds de fidélité et d'attachement et lui dit: „Je t'accompagnerai chez Eggeric,“ et tous deux se dirigèrent vers le château du Comte. Arrivés là, Elbegast perça un trou dans le mur avec une adresse extrême, se glissa par là dans le château et dit à Charles de le suivre. Ils pénétrèrent heureusement dans les appartements du comte; Elbegast savait ouvrir les serrures sans faire du bruit, car il connaissait tous les êtres de la maison. Or, le comte qui ne dormait que légèrement, entendit quelque chose et dit à son épouse assez haut pour qu'ils l'entendissent tous deux: „J'entends un bruit, on dirait, de gens qui rôdent dans la maison; il y a peut-être des voleurs dans le château; je vais voir.“ Il se leva en effet, alluma un flambeau et parcourut les corridors et les appartements. Cependant, comme Charles et Elbegast avaient eu le temps de se glisser sous le lit du comte où il ne les supposait pas, ils ne furent point découverts. Eggeric éteignit le flambeau et se remit au lit. La Comtesse alors dit à son époux: „Mon cher mari, aucun voleur n'est assurément venu nous visiter; je croirais plutôt qu'une inquiétude secrète t'empèche de jouir du repos, tu te troubles l'esprit de dangers imaginaires. Avoue-moi que ce sont les desseins que tu formes qui te tiennent éveillé; confie-les moi afin que je puisse te donner mes conseils et t'être utile.“ „Eh bien,“ reprit le comte, „puisque l'exécution de mes projets est fixée à demain, je ne veux pas t'en faire plus longtemps un mystère. Sache donc que je me suis ligué avec douze chevaliers et que nous avons tous juré d'assassiner l'empereur qui nous empêche d'exploiter la grande route et de lever des impôts sur les voyageurs et les marchands. Tout le monde ignore notre coalition, et je te défends sur ta vie d'en dire un mot à qui que ce soit.“

Charles ne perdit pas une syllabe de ce colloque. Lorsque le couple se fut de nouveau rendormi, l'empereur s'esquiva doucement avec son aide à qui il abandonna les objets précieux qu'ils avaient enlevés, et après s'être séparé de lui, il regagna son palais avant le jour. Il remit son cheval à l'écurie et rentra dans sa chambre-à-coucher aussi inaperçu qu'il en était sorti.

Le lendemain il convoqua son conseil et dit: „J'ai rêvé cette nuit que le comte Eggeric allait venir ici avec douze conjurés dans la seule intention de m'assassiner. Ils sont animés contre moi, parce qu'à tout prix je veux maintenir le repos public et protéger mes sujets contre leurs brigandages. Ayez donc soin qu'un nombre suffisant de gens armés soient prêts au premier signal pour s'emparer des traîtres.

Eggeric arriva vers midi avec ses satellites et demanda à être admis devant l'empereur. Dès qu'ils furent entrés dans la cour du château, on ferma la porte sur eux, ils furent enveloppés en même temps par les valets armés qui leur arrachèrent les vêtements et découvrirent les armes qu'ils cachaient.

Les conjurés surpris à l'improviste ne purent nier leurs projets et périrent tous par la main du bourreau d'une mort ignominieuse. Elbegast au contraire que le monarque sut attirer à sa cour, après avoir fait publier partout son entier pardon, fut richement récompensé. Il eut en outre un emploi honorable, toutefois à la condition expresse de renoncer pour jamais à sa profession de voleur.

L'empereur, en mémoire de cet évènement dirigé si mystérieusement par la Providence, et voulant perpétuer le souvenir du service que lui avait rendu l'ange, nomma dès lors la résidence où le messager céleste lui avait apparu Engelheim c.à.d. de nos jours Ingelheim (Maison de l'ange), lieu à jamais mémorable par le palais qu'y occupa Charlemagne.


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