La légende de la victoire du père Fränzchen contre le Diable [Luxembourg / canton de Luxembourg / Luxembourg]

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Publié le 17 novembre 2025 Thématiques: Diable , Diable défait , Eau bénite , Eglise , Fuite , Pacte avec le Diable , Pauvre , Prêtre | Curé , Protection , Richesse , Ruse ,

Eglise Saint-Nicolas à Luxembourg (disparue)
Eglise Saint-Nicolas à Luxembourg (disparue). Source Lookoom
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Source: Gredt, N. (Dr.) / Sagenschatz des Luxemburger Landes (1883) (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Ancienne église Saint-Nicolas (disparue) / Luxembourg / canton de Luxembourg / Luxembourg

Le pauvre X., se tenant un jour sur la place aux cochons à Luxembourg, méditait tristement sur son sort. Son désir de devenir riche était si grand qu’il en vint à l’idée d’appeler le diable à l’aide. À peine l’eut-il fait que le diable s’approcha de lui, déguisé en bourgeois cossu. Après force marchandages et tractations, ils s’entendirent ainsi : le diable aurait l’âme de X. au bout de trente ans, à la condition de lui donner 12 000 francs. L’acte fut signé par X. de son propre sang.

X. fonda alors une grande fabrique et devint un homme riche. Mais la trentième année approchait, et X. se mit à trembler. Il s’adressa au père jésuite Fränzchen, célèbre pour sa piété et son pouvoir sur les mauvais esprits. Sur les conseils et les instructions du père, X. se confessa, se rendit chaque jour à l’église Saint-Nicolas de la ville et pria assidûment.

Lorsque survint l’anniversaire des trente ans, X. ferma les portes de sa maison et se rendit dans l’église susnommée. Sur un char de feu attelé de quatre chiens de feu, le diable arriva devant la demeure de X., frappa, et reçut du portier la réponse que X. n’était pas à la maison. « Où est-il ? » demanda le diable. « Je ne sais pas », répondit le portier, et il referma la porte. Le diable fit alors encore trois fois le tour de la maison avec son char, puis franchit le glacis et se rendit à l’église Saint-Nicolas, en fit trois fois le tour, frappa, mais on ne le laissa pas entrer.

Il passa alors par le bénitier et fonça sur X., que le père Fränzchen avait fait asseoir dans un baquet rempli d’eau bénite ; il saisit X. par les cheveux et le tira si haut hors de l’eau que seul le petit orteil touchait encore l’eau bénite, mais dut le relâcher : il pesait trop lourd. L’église trembla, les clercs — à l’exception du père Fränzchen — s’abattirent à terre. De nouveau, le diable fit trois fois le tour de l’église, puis du maître-autel ; il empoigna X. par les cheveux une seconde fois, mais ne parvint qu’à le hisser jusqu’au ventre hors de l’eau. Il recommença une troisième fois : à présent, il ne put plus soulever X. du tout. Fou de rage, il l’immergea entièrement une fois encore, fit trois nouveaux tours de l’église, brûla l’acte de vente, puis s’en alla pour toujours.

X. était délivré ; et parce que le père Fränzchen l’avait aidé à rompre son pacte avec le diable, il combla de dons celui-ci et tout le couvent. X. demeura pieux et craignant Dieu, et ses descendants sont encore aujourd’hui riches et heureux.

— J. B. Klein, curé à Dalheim.


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