Le fort Ramírez se trouve dans la partie sud du comté de Live Oak, sur le ranch de mon père. Quand j’étais enfant, certains des vieux murs de pierre s’élevaient encore à dix ou douze pieds de hauteur, bien qu’ils fussent déjà en ruine. Aussi loin que remontent mes souvenirs, et d’après tout ce que j’ai entendu raconter, on voyait des trous creusés par des chercheurs de trésor tout le long des murs, à l’intérieur de la bâtisse, et sur des centaines de yards alentour. Lorsque je revis l’endroit l’été dernier, les murs étaient tous écroulés, la plupart des pierres avaient été traînées sur le côté, et même une grande partie des fondations avait été déterrée. Certaines des pierres extraites pesaient, j’en suis sûr, près de deux cents livres. Les ruines se dressent sur la pointe d’une colline qui domine l’immense lit aujourd’hui sec du Ramireña Creek, lequel, disent les anciens, coulait presque toujours au temps des grands pâturages ouverts. Un ravin profond mais court, appelé Ramirez Hollow, remonte non loin de la colline.
Deux légendes distinctes s’attachent à ce vieux site : dans l’une, il s’agit d’un fort ; dans l’autre, d’un ancien ranch ovin. Avec le temps, l’idée du fort semble avoir pris le dessus. M. E. M. Dubose, de Mathis, disait tenir la vraie histoire d’un vieux Mexicain qui cherchait l’emplacement de Casa Blanca. Selon cet homme, une bande de bandidos se serait, dans les premiers temps, emparée du fort, alors occupé par des prêtres espagnols qui l’utilisaient comme une sorte de mission sans garnison. Les bandits auraient pillé les lieux, emportant une croix de métal précieux, des chandeliers d’or et d’autres objets de valeur, puis établi leur quartier général dans une grotte secrète située à peu de distance, à l’est du bâtiment. Plus tard, ils auraient été chassés du pays par les Texans, laissant dans cette grotte à la fois leur butin d’église et beaucoup d’argent volé à des voituriers et à des éleveurs. Le problème, pour les chercheurs de trésor, a toujours été de retrouver cette grotte, dont il ne subsiste aujourd’hui aucune trace. [...]
