La légende du trésor du ranch Tolbert [Tilden / McMullen County / United States]

Publié le 6 juin 2026 Thématiques: Domestique | Serviteur , Ferme , Trésor , 0 vue

Découverte du trésor
Découverte du trésor. Source OpenAI
ajouter aux favoris Ajouter une alerte en cas de modification augmenter la taille du texte reduire la taille du texte
Langues disponibles: English Français
Source: Doble, J. Frank / Legends of Texas (4 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Un ranch près de Tilden / Tilden / McMullen County / United States

Tilden — l’ancien Dog Town, faut-il le rappeler — est le chef-lieu du comté de McMullen. Non loin de là se trouve ce qu’on appelle encore le vieux ranch Tolbert, bien qu’un homme nommé Berry l’ait acheté il y a des années. J’ai entendu l’histoire qui suit tant de fois, et dans tant d’endroits différents, que j’ai presque fini par la croire vraie.

Tolbert passait, dans les premiers temps, pour un avare accompli, à une époque où les hommes gardaient encore leur argent sur eux. On raconte qu’il n’aurait jamais abattu une bête sans marque, si affamé fût-il, mais qu’il la marquait toujours à son nom. Il n’achetait ni sucre ni mélasse ; le lard était chez lui un luxe rare ; lui et ses hommes vivaient surtout de venaison séchée et de viande de pécari. Lorsqu’il avait une équipe à nourrir, il ordonnait toujours au cocinero de cuire le pain de bonne heure, afin qu’il soit froid et dur au moment où les hommes viendraient manger. À sa mort, on ne retrouva nulle trace de son argent. Aussi, aujourd’hui encore, certains creusent-ils autour de l’ancienne maison du ranch pour tenter de le retrouver.

Un homme qui travaillait sur place, il y a une quinzaine d’années, vit un jour deux inconnus en chariot descendre dans un ravin proche du ranch. Il les prit d’abord pour des chasseurs ; mais, lorsqu’ils repassèrent devant lui le lendemain matin en repartant, il remarqua que l’un d’eux tenait un fusil posé en travers de ses genoux. Quelques jours plus tard, le rancher descendit lui-même dans le ravin et constata que les traces du chariot partaient d’un trou fraîchement creusé sous un chêne vert, près duquel gisaient des morceaux de vieilles charnières d’acier qui semblaient avoir été sectionnées au ciseau à froid. Pourtant, peu de gens pensent que ces deux inconnus aient mis la main sur l’argent de Tolbert.

C’est Berry qui l’aurait trouvé, et pourtant il ne le cherchait même pas. Il s’était installé au ranch après l’avoir acheté, et plusieurs années avaient passé. Un jour où il n’avait rien d’autre à faire faire à son ouvrier mexicain, il lui ordonna de poser quelques nouveaux poteaux dans l’ancienne clôture du corral, faite de piquets en train de pourrir. L’homme avançait ainsi, creusant trou après trou et posant les nouveaux poteaux, jusqu’aux environs de dix heures. Puis, au troisième trou à partir de la porte sud, il heurta quelque chose d’une telle dureté que le tranchant de sa bêche en fut émoussé. Comme il avait l’habitude de creuser les trous de poteau avec une barre à mine et une boîte en fer-blanc, il alla chercher la barre sous un mesquite où les outils étaient rangés.

Mais la barre ne mordit pas davantage dans la masse dure que la bêche. Le soleil tapait déjà fort ; aussi l’homme remonta-t-il jusqu’à la maison, où señor Berry taillait des bouts de bois sous sa galerie, pour lui dire qu’il ne pouvait pas continuer : au troisième trou depuis la porte sud, on aurait dit que le diable lui-même s’était changé en roche, tant rien ne pouvait passer au travers. Berry bougonna et renâcla un moment, puis sembla soudain penser à quelque chose. Il lui répondit très bien, qu’il cesse de creuser et aille plutôt seller son cheval pour ramener la remuda principale.

Or, la veille encore, cette remuda avait été enfermée dans le corral, et l’on en avait tiré quelques montures fraîches pour les garder dans le petit pâturage des chevaux. À cette heure-là, les autres bêtes devaient déjà être dispersées au fond du grand terrain. L’ouvrier se demanda bien ce que le patron pouvait vouloir à nouveau de toute la remuda. Mais ce n’était pas ses affaires. Cette chevauchée lui prendrait le reste de la journée, et au moins il n’aurait plus à creuser de trous de poteau avant mañana.

Une fois son cheval sellé, après avoir bu une petite cafecita pour le déjeuner, perdu encore une demi-heure à remettre des lanières neuves à ses étrivières, puis enfin disparu de vue, Berry se traîna jusqu’aux corrals. Il revint ensuite s’asseoir à l’ombre de la galerie et continua à tailler ses bâtonnets pendant une heure ou deux, jusqu’à ce que tout autour du jacal — même la femme de l’ouvrier — fût plongé dans la sieste. Alors il ôta ses éperons, qui tintaient toujours bruyamment quand il marchait, et retourna vers le corral. La bêche et la barre à mine gisaient là où l’ouvrier les avait laissées. Berry enfonça la barre dans le trou à demi creusé. Elle rebondit presque hors de sa main, et il entendit une sorte de choc métallique. Non, ce n’était pas une simple roche de silex qui avait bloqué le travail.

Berry passa derrière l’abreuvoir jusqu’au huisache où son cheval était attaché, puis conduisit l’animal dans le corral. Ensuite, il se mit à l’ouvrage. Il commença à creuser à deux ou trois pieds sur le côté du trou. Le sol sec était tassé par le passage de milliers de bovins et de chevaux. Il lui fallut employer la barre à mine pour ameublir la terre. Mais il ne lui fut pas bien difficile de dégager une plaque de sol de deux ou trois pieds carrés sur dix-huit ou vingt pouces de profondeur. Berry savait ce qu’il faisait, et, tandis qu’il raclait la terre meuble avec sa bêche, il sentit sous la lame une surface métallique plate, qui semblait porter des rivets. C’était le couvercle d’un coffre. Lorsqu’il l’eut découvert, Berry prit l’un des poteaux neufs, solides et encore fermes, pour s’en servir comme point d’appui à la barre. Il réussit ainsi à soulever une extrémité du coffre. Comme il s’y attendait, il était trop lourd et trop solidement coincé pour qu’il puisse le sortir seul. Il glissa une cale sous le bord soulevé, puis passa une solide corde autour de l’extrémité découverte. Il avait déjà tiré des vaches embourbées avec son cheval, et il savait bien que ce coffre n’était pas plus lourd qu’une bête. Il n’avait qu’une cinquantaine de yards à le traîner, de surcroît en descente, pour atteindre les broussailles où il pourrait faire sauter le couvercle.

Lorsque l’ouvrier revint ce soir-là, sa mujer lui apprit que señor Berry était parti à San Antonio en carriole, après avoir laissé pour consigne de relâcher la remuda dans le grand pâturage et de poursuivre la réparation des corrals. « On dit » que le dépôt que Berry fit alors à la Frost National Bank s’élevait à exactement 17 000 dollars, presque entièrement en argent.


Partager cet article sur :

Vous consultez la première légende

Vous consultez la dernière légende


Je vous propose d'autres légendes de McMullen County

Bientôt d'autres légendes pour cette région !

Bientôt d'autres légendes pour cette région !

Il n'y a pas encore d'événements liés aux contes et légendes répertoriés dans ce département. Consulter l'agenda dans toutes les régions