La légende de la fête des merveilles de Sainte-Colombe [Vienne (Rhône)]

Publié le 15 juin 2024 Thématiques: Fleuve | Ruisseau | RIvière , Légende chrétienne , Martyre , Miracle , Mort , Origine , Origine d'une fête , Résurrection ,

Passerelle entre Sainte-Colombe et Vienne
Passerelle entre Sainte-Colombe et Vienne. Source Ziegler175, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
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Source: Balleydier, Alphonse / Les Bords du Rhône de Lyon à la mer: chroniques, légendes (1843) (moins d'1 minute)
Contributeur: Fabien
Lieu: Pont entre Sainte-Colombe et Vienne / Vienne / Rhône / France

Il se trouvait alors sur la pile du milieu [de l'ancien pont entre Sainte-Colombe et Vienne] une petite chapelle en grand renom; tout le peuple, précédé du clergé, allait dévotement la visiter chaque année, le jour de la fête des merveilles.

Cette fête, dont je vais vous raconter l'origine, était célébrée avec une magnificence sans égale et des réjouissances extraordinaires.

Sous l'empire d'Antonin, quarante-huit Lyonnais choisis parmi les plus riches, les plus puissants et les plus heureux de ce monde, souffrirent le martyre avec tant de courage et de générosité que la jeune et belle Blandine, que le frêle enfant Ponticus rivalisèrent de persévérance, d'énergie avec les hommes les plus braves et les plus forts. Leur constance égala celle des bourreaux; leurs corps sanglants furent réduits en cendres et jetés au Rhône, pour enlever aux chrétiens l'occasion de les recueillir et de les vénérer.

Ces cendres saintes dispersées flottèrent ainsi, et suivirent le courant des eaux jusqu'à la jonction du Rhône et de la rivière qui vient s'unir à lui.

Ce fut là, ô miracle! que les cendres des suppliciés se réunirent pour aborder compactes, chairs et os, au rivage de Sainte-Colombe.

Chaque martyr avait repris sa forme première; bien plus, pour éviter toute confusion, et pour qu'on ne s'y trompât point, le doigt de saint Paul avait écrit au front de tous les noms qui furent les leurs au temps de leurs vies mortelles. Or, ces merveilles étant connues, les chrétiens des environs accoururent en foule pour prier les saints martyrs, et quelques jours après on leur fit de magnifiques funérailles. Depuis lors jusqu'à la révolution de 1793, tous les premiers dimanches après l'Ascension, le clergé et les fidèles de Vienne furent en procession visiter l'église de Sainte-Colombe, c'était la procession de la fête des merveilles.


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