Dans le château de Rothenberg, à Rougemont, situé près du village du même nom sur la route de Masevaux à Belfort, déjà en terre française, mais dont les habitants parlent encore l’allemand, apparaît souvent une dame blanche. Elle s’assied sur les ruines de la tour et regarde tristement vers la vallée.
Un jour, une jeune fille la vit assise là. La dame s’approcha aussitôt d’elle et la pria de revenir à une heure précise du soir : elle se montrerait alors sous la forme d’un dragon à la gueule crachant le feu et fondrait sur elle ; mais la jeune fille ne devrait pas se laisser effrayer. Elle devrait au contraire prendre la clé qui se trouverait dans sa gueule, car cette clé conduisait à de grands trésors. Ainsi, la dame serait délivrée.
La jeune fille revint à l’heure fixée ; mais, à la vue du dragon, elle fut saisie d’une telle frayeur qu’elle prit la fuite. Lorsqu’elle se retourna encore une fois, le dragon avait disparu ; mais elle entendit alors une voix plaintive crier : « Hélas, me voilà de nouveau condamnée pour cent ans ! »
À certaines saisons, notamment lorsque le temps va changer, une lourde voiture descend avec grand fracas de la forteresse ; la dame blanche y est assise. Elle roule jusqu’à la place du marché de Masevaux et disparaît dans la cour du chapitre.