La légende du Brownie et du manteau vert [Smailholm / Scottish Borders / Royaume-Uni]

Published on Feb. 7, 2026 Themes: Accouchement , Aide , Animal , Cheval , Lutin , Sage-femme , Travail des fées , 12 vues

Brownie and horse
Brownie and horse. Source OpenAI
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Source: Gibbings, W.W. / Folklore and Legends: Scotland (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Location: Une maison au Nord de River Tweed / Smailholm / Scottish Borders / Royaume-Uni

Le Brownie écossais formait une catégorie d’êtres à part, différente par ses mœurs et son caractère des lutins fantasques et malicieux. Il avait l’air maigre, hirsute, sauvage. Ainsi Cleland, dans sa satire contre les Highlanders, les compare à
« des Faunes, ou des Brownies, si vous voulez,
ou des Satyres venus du mont Atlas. »

Le jour, il se tapissait dans les recoins les plus reculés des vieilles maisons qu’il aimait hanter ; la nuit, il s’employait avec zèle à accomplir quelque tâche pénible qu’il jugeait agréable à la famille au service de laquelle il s’était consacré. Mais le Brownie ne se tue pas à la besogne dans l’espoir d’une récompense. Au contraire, son attachement est si délicat que l’offre d’un salaire — et surtout de nourriture — entraîne infailliblement sa disparition à jamais.

On raconte d’un Brownie qui hantait autrefois une famille des Borders aujourd’hui éteinte que la maîtresse de maison étant tombée malade à l’improviste, et le domestique chargé d’aller à Jedburgh chercher la sage-femme ne montrant guère d’empressement à partir, l’esprit familier enfila le grand manteau du serviteur trop lent, monta le meilleur cheval du laird et fila en ville. Il revint avec la matrone en croupe.

Pendant le court temps de son absence, la Tweed, qu’ils devaient forcément traverser à gué, monta à un niveau dangereux. Le Brownie, qui transportait son fardeau avec la rapidité du mystérieux amant de Lenore, ne se laissa pas arrêter par l’obstacle : il se jeta dans l’eau avec la pauvre vieille dame épouvantée et la déposa saine et sauve là où l’on avait besoin de ses services.

Ayant remis le cheval à l’écurie (où on le retrouva plus tard dans un état lamentable), il se rendit dans la chambre du domestique dont il avait fait le travail ; et le surprenant au moment même où il enfilait ses bottes, il lui administra, avec son propre fouet, une correction des plus impitoyables.

Un service si important excita la gratitude du laird. Ayant appris que le Brownie avait été entendu exprimant le souhait d’avoir un manteau vert, il fit confectionner un vêtement de cette couleur et le laissa à l’endroit où l’esprit avait ses habitudes. Le Brownie emporta le manteau vert — mais on ne le revit plus jamais. On peut supposer que, lassé des corvées domestiques, il partit, vêtu de sa nouvelle livrée, rejoindre le peuple des fées.


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