La légende de la femme du laird de Balmachie [Panbride / Angus / Royaume-Uni]

Published on Jan. 17, 2026 Themes: Château , Enlèvement , Femme , Feu , Lutin , Noblesse , Nuit , Transformation , 9 vues

Carlungie
Carlungie. Source drewbhoy on the modern antiquarian
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Available languages: English Français
Source: Gibbings, W.W. / Folklore and Legends: Scotland (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Location: Balmachie / Panbride / Angus / Royaume-Uni
Location: Carlungie (Cur-hills) / Barry / Angus / Royaume-Uni

Dans les temps anciens, quand il était de mode pour les gentilshommes de porter l’épée, le laird [Propriétaire d'une terre et d'un manoir, en Écosse] de Balmachie se rendit un jour à Dundee, laissant sa femme à la maison, malade au lit. Alors qu’il rentrait à cheval au crépuscule, il dut quitter la grand-route ; et, traversant un endroit fait de petites buttes romantiques appelées les Curhills, dans le voisinage de Carlungy, il rencontra une troupe de fées portant une sorte de litière, sur laquelle on semblait transporter quelqu’un.

Homme d’un courage sans peur — et, disait-il, poussé par une impulsion intérieure — il fit avancer son cheval tout près de la litière, tira son épée, la posa en travers du brancard, et s’écria d’une voix ferme :
— Au nom de Dieu, relâchez votre captive.

Aussitôt, la petite troupe disparut, laissant tomber la litière à terre. Le laird mit pied à terre et découvrit qu’elle contenait sa propre femme, vêtue de ses habits de nuit. Il l’enveloppa dans son manteau, la plaça en croupe devant lui, et, n’ayant plus qu’une courte distance à parcourir, arriva sain et sauf chez lui.

Après l’avoir installée dans une autre pièce, sous la garde attentive d’une amie, il se rendit immédiatement dans la chambre où il avait laissé sa femme le matin ; et là, à première vue, elle y était encore, couchée et fort malade d’une fièvre. Elle se montrait irritable, mécontente, se plaignait beaucoup d’avoir été négligée pendant son absence. À tout cela, le laird feignit la plus vive inquiétude et, affectant une grande compassion, insista pour qu’elle se lève afin qu’on refasse le lit.

Elle dit qu’elle était incapable de se lever, mais son mari fut catégorique. Après avoir fait allumer un grand feu de bois pour réchauffer la chambre, il souleva l’imposteur hors du lit ; et, la portant à travers la pièce comme pour l’asseoir dans un fauteuil qu’il avait fait préparer, il la jeta dans le feu. Elle rebondit alors comme une fusée, traversa le plafond et sortit par le toit de la maison, laissant un trou parmi les ardoises.

Il fit ensuite entrer sa véritable femme — un peu remise de sa frayeur — qui raconta que, quelque temps après le coucher du soleil, la nourrice l’ayant laissée seule afin d’aller préparer une petite chandelle, une multitude de lutins étaient entrés par la fenêtre, se pressant comme des abeilles sortant d’une ruche. Ils avaient rempli la chambre et, l’ayant soulevée de son lit, l’avaient emportée par la fenêtre ; après quoi elle ne se souvenait plus de rien, jusqu’au moment où elle vit son mari debout au-dessus d’elle sur les Curhills, derrière Carlungy.

On répara le trou du toit par où la fée s’était échappée ; mais il fut impossible de le maintenir en bon état, car il survenait toujours, une fois l’an, une tempête de vent qui découvrait précisément cet endroit-là, sans endommager aucune autre partie de la toiture.


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