La légende de l'arrivée de Pele et du départ d'Ai-laau [Volcano / Hawaii County / United States]

Veröffentlicht am 6. April 2026 Themen: Dieux , Eruption volcanique , Fuite , Volcan , Voyage , 2 vues

Eruption du Kilauea
Eruption du Kilauea. Source USGS/M. Zoeller, Public domain, via Wikimedia Commons
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Source: Westervelt, William Drake / Hawaiian legends of volcanoes (3 minutes)
Contributeur: Fabien
Ort: Kīlauea Iki / Volcano / Hawaii County / United States
Ort: Kīlauea / Volcano / Hawaii County / United States

Quand Pele arriva sur l’île d’Hawaï, cherchant un foyer définitif, elle découvrit qu’un autre dieu du feu occupait déjà le territoire. Ai-laau était connu et redouté de tous. Ai signifie « celui qui mange » ou « dévore ». Laau signifie « arbre » ou « forêt ». Ai-laau était donc le dieu du feu qui dévore les forêts. Plus d’une fois, il ravagea les districts du sud d’Hawaï par la lave qu’il déversait depuis ses puits de feu.

C’était le dieu à l’appétit insatiable, l’éternel mangeur d’arbres, dont la route à travers les bois se couvrait d’une fumée noire, parfumée de bois brûlé, et parfois chargée aussi de l’odeur de chair humaine réduite en cendres par le flot de lave.

Ai-laau paraissait n’être que destruction, et c’est ainsi que le peuple le nomma. Pourtant, ses feux appartenaient aux forces de la création. Il construisait les îles pour la vie à venir. Le processus de la création exigeait l’activité volcanique. La lave qui s’écoule fabrique la terre ferme. La lave qui se désagrège devient dépôts, humus et sol. Sur ces terres, les tempêtes s’abattent, et d’innombrables cours d’eau y creusent leur chemin vers la mer. Des rivières coulantes descendent des montagnes coiffées de nuages. Des champs fertiles et des demeures sauvages achèvent cette miniature de monde en train de se bâtir.

Pourtant Ai-laau continuait de déverser son feu. Il s’étendait sur les champs féconds, et les indigènes le craignaient comme un destructeur, sans songer au bien ultime.

Selon les légendes, il vécut longtemps dans une très ancienne partie du Kilauea, sur la grande île d’Hawaï, aujourd’hui séparée du cratère principal par une étroite arête, et appelée Kilauea-iki (« Petit Kilauea »). Ce serait le premier et le plus grand d’une série de cratères alignés depuis le grand lac de feu du Kilauea jusqu’à la côte, à plusieurs kilomètres de là. On les appelle les « cratères-puits » (Pit Craters), parce que ce ne sont pas des collines de lave, mais une suite de cuvettes effondrées, s’enfonçant profondément dans la terre, dont certaines possèdent encore des évents d’où jaillissent des bouffées de vapeur et de fumée.

Après un temps, Ai-laau quitta ces cratères-puits, entra dans le grand cratère, et l’on disait qu’il y vivait lorsque Pele arriva sur le rivage, bien plus bas.

Dans l’une des histoires de Pele, on trouve le récit suivant, traduit littéralement, de la manière dont elle prit possession du Kilauea :

« Quand Pele arriva sur l’île d’Hawaï, elle s’arrêta d’abord en un lieu appelé Ke-ahi-a-laka, dans le district de Puna. De là, elle commença son voyage vers l’intérieur, en direction des montagnes. Tandis qu’elle avançait, un désir ardent grandit en elle : celui d’aller aussitôt voir Ai-laau, le dieu à qui appartenait le Kilauea, et de trouver auprès de lui un lieu de repos, terme de son voyage. Elle monta, mais Ai-laau n’était pas dans sa demeure. En vérité, il s’était rendu totalement introuvable. Il s’était enfui parce qu’il savait que celle qui venait vers lui était Pele. Il l’avait vue peiner là-bas, près de la mer, à Ke-ahi-a-laka. Une crainte tremblante et une peur accablante s’emparèrent de lui. Il s’enfuit et disparut entièrement. Quand Pele arriva à ce cratère, elle établit le plan de sa demeure, commençant aussitôt à en creuser les fondations. Elle creusa jour et nuit, et constata que ce lieu comblait tous ses désirs. C’est pourquoi elle s’attacha fermement à Hawaï pour toujours. »

Telles sont les paroles par lesquelles la légende règle le sort de cet ancien dieu des feux volcaniques. Il disparaît de la pensée hawaïenne, et Pele, venue d’une terre étrangère, trouve un cratère à sa mesure, où la puissance de son esprit peut, sans fin, creuser des fontaines débordantes de lave furieuse.


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