La légende de l'origine de la Devils Den de Fordland [Rogersville / Webster County / United States]

Veröffentlicht am 31. März 2026 Themen: Combat , Diable , Dieu , Froid , Grand Esprit , Grotte , Nom , Origine , Origine d'un nom , 2 vues

Devils Den
Devils Den. Source Eric Hertzler - Facebook
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Langues disponibles: English Français
Source: Buel, James W. / Legends of the Ozarks (3 minutes)
Contributeur: Fabien
Ort: Devils Den / Rogersville / Webster County / United States

Aux âges premiers, quand la terre sortait à peine des mains du Créateur et que les arbres revêtaient leur toute première verdure, l’Esprit du Mal — que le Grand Esprit avait chassé du Paradis — errait sur le monde et demeurait dans une caverne sous les montagnes. Lorsque le froid de l’hiver se glissait sur la terre, il se retirait dans sa grotte et dormait comme l’ours jusqu’à ce que le souffle tiède du printemps vînt le réveiller ; alors, quittant sa tanière, tel une bête en quête de proie, le monstre hideux sortait faire le mal. Il aimait la chair des morts, et dépouillait leurs os comme le renard rusé qui fond sur le lapin. Il répandait la maladie par son haleine et rendait la terre stérile. Quand il marchait, c’était sous un vêtement d’invisibilité, mais ses pas retentissaient comme le tonnerre. Ainsi les Sioux vivaient-ils dans la terreur, n’osant poursuivre le gibier, de peur de tomber dans les pièges que leur tendait le monstre. Quand les Indiens allumaient leurs feux de sacrifice, le Démon envoyait la pluie pour les éteindre ; et c’était lui qui déchaînait les tempêtes pour disperser les campements et ravager les champs de maïs.

Après bien des lunes de patience, le Grand Esprit se résolut enfin à venger les peuples indiens — à chasser du pays le Démon du Mal qui l’avait si longtemps hanté.

Incapable de supporter le froid, et mortellement effrayé par l’eau, l’Esprit du Mal se réfugia dans sa caverne ; alors les écluses du ciel s’ouvrirent au-dessus de lui. Les vents glacés du nord soufflèrent leur haleine givrée sur les montagnes ; l’eau dévala dans les gorges et se figea en cristaux qui reflétaient les nuages noirs au-dessus d’elle. Alors le Monstre du Mal frissonna de froid jusqu’à fendre les rochers ; jusqu’à ce que les arbres secouent la glace de leurs branches, et que l’eau s’engouffre par les fissures jusque sur lui. D’une voix si puissante qu’elle souleva la terre au-dessus de sa tête, le Démon dressa sa taille monstrueuse et, tel l’élan de la tempête, s’envola dans les airs vers le sud, laissant derrière lui le choc de ses pas et les flammes de ses naseaux.

Ainsi, le Grand Esprit ayant vaincu l’Esprit du Mal, il marqua l’endroit où celui-ci avait vécu d’un lac dont les eaux ne pouvaient porter aucune vie : elles étaient empoisonnées par le souffle du Démon.


Note

Un homme ayant visité ce lac mystérieux — autour duquel les Sioux ont fait courir cette légende — le décrit ainsi, dans une lettre envoyée à l’un des quotidiens de Saint-Louis :

« Dans le sud du comté de Webster, au Missouri, dans la chaîne des Ozarks, il existe un petit lac portant le nom euphonique de Devil’s Den (l’Antre du Diable). Il se trouve au sommet d’une colline et couvre environ deux acres. Le sommet paraît creusé et bordé d’une muraille de calcaire, haute d’une centaine de pieds jusqu’à la surface de l’eau. Cette paroi est à pic et enferme le lac de tous côtés, sauf d’un seul, où une brèche descend sur soixante pieds. Les quarante pieds restants sont franchis au moyen d’échelles, et des personnes aventureuses ont tenté d’explorer ces eaux mystérieuses. On n’y a découvert aucun être vivant. Pas un brin d’herbe, pas un arbuste, pas une mousse ne pousse sur la roche lisse qui entoure ces eaux sombres. Quelques troncs de cèdre flottent sur le lac sans se décomposer, pourtant aucun cèdre ne pousse à moins de vingt miles. On recueille à la surface du lac une substance semblable au spermaceti, qui brûle comme une bougie : c’est sans doute elle qui, jointe à l’aspect sauvage et étrange des lieux, a suggéré aux superstitieux l’idée d’un bain du diable. »


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