La légende du pêcheur et de la sirène des îles Shetland [Helligoblo / Shetland Islands / Royaume-Uni]

Veröffentlicht am 5. Februar 2026 Themen: Animal , Chasse , Ile , Marin , Mer , Pêche , Pêcheur , Phoque , Sauvetage , Sirène , Tempête , Transformation , 22 vues

Ve Skerries
Ve Skerries. Source uklighthousetour.com
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Langues disponibles: English Français
Source: Gibbings, W.W. / Folklore and Legends: Scotland (3 minutes)
Contributeur: Fabien
Ort: Ve Skerries / Helligoblo / Shetland Islands / Royaume-Uni

Dans les îles Shetland, on raconte quantité d’histoires étranges au sujet des hommes de la mer et des femmes de la mer. Selon ces récits, au fond de l’océan existe une atmosphère adaptée aux organes respiratoires de certains êtres qui ressemblent, par la forme, à l’espèce humaine : ils possèdent une beauté incomparable, des pouvoirs surnaturels limités, et ils sont, comme nous, soumis à la mort. Ils habitent un vaste territoire du globe, bien au-dessous du domaine des poissons, au-dessus duquel la mer, tel le dais nuageux de notre ciel, roule ses masses élevées ; et ils ont des demeures bâties de perles et de coraux, produits de l’océan.

Comme ils ont des poumons faits non pour un milieu aqueux, mais pour la nature de l’air atmosphérique, il leur serait impossible de traverser l’épaisseur d’eau qui sépare le monde sous-marin du monde de la surface, si une puissance extraordinaire ne leur avait été donnée : celle d’entrer dans la peau d’un animal capable de vivre en mer, qu’ils peuvent occuper par une sorte de possession démoniaque. L’une des formes qu’ils revêtent est celle d’un être humain jusqu’à la taille, se terminant en dessous par une queue et des nageoires de poisson ; mais leur forme favorite est celle du grand phoque, ou Haaf-fish. Grâce à sa nature amphibie, ils peuvent non seulement vivre dans l’océan, mais aussi aborder sur quelque rocher, où ils se débarrassent souvent de leur “habit de mer”, reprennent leur vraie forme, et, avec une grande curiosité, observent le monde d’en haut, celui des hommes.

Malheureusement, toutefois, chaque homme ou femme de la mer ne possède qu’une seule peau, celle qui lui permet de remonter des eaux ; et si, lors d’une visite au pays des humains, ce vêtement vient à être perdu, l’infortuné être doit inévitablement devenir habitant de la terre.

On raconte l’histoire d’un équipage qui débarqua afin d’attaquer les phoques couchés dans les creux des rochers, au pied de l’un des stacks. Les hommes assommèrent plusieurs bêtes, et, tandis qu’elles étaient ainsi étourdies, les dépouillèrent de leur peau, avec la graisse qui y adhérait. Laissant les carcasses sur le rocher, l’équipage s’apprêtait à regagner la côte de Papa Stour, lorsqu’une houle si énorme se leva que tous se précipitèrent vers le bateau. Tous réussirent à y monter, sauf un homme, qui, imprudemment, avait traîné en arrière. L’équipage ne voulait pas abandonner un compagnon à périr sur les récifs ; mais la lame grossissait si vite que, malgré de nombreuses tentatives infructueuses pour approcher l’embarcation du stack, le malheureux fut laissé à son sort.

La nuit devint tempétueuse, et le Shetlandais abandonné ne voyait devant lui d’autre perspective que de mourir de froid et de faim, ou d’être emporté à la mer par les déferlantes qui menaçaient de submerger le rocher. Enfin, il aperçut plusieurs phoques qui, dans leur fuite, avaient échappé à l’attaque des marins : ils s’approchèrent de l’écueil, se défirent de leur peau amphibie, et reprirent l’apparence des fils et des filles de l’océan.

Leur premier soin fut de secourir leurs compagnons qui, assommés à coups de bâton, avaient, dans cet état, été privés de leur peau. Quand les bêtes écorchées retrouvèrent leurs sens, elles reprirent leur véritable forme d’hommes et de femmes de la mer, et se mirent à se lamenter en un chant funèbre, que la tempête autour d’eux accompagnait sauvagement : elles pleuraient la perte de leur habit marin, qui les empêcherait désormais de retrouver leur atmosphère d’azur natal et leurs demeures de corail cachées sous les profondes eaux de l’Atlantique.

Mais leur plainte la plus douloureuse concernait Ollavitinus, fils de Gioga : dépouillé de sa peau de phoque, il serait à jamais séparé des siens et condamné à devenir un exilé dans le monde d’en haut. Leur chant finit pourtant par se rompre, car ils aperçurent l’un de leurs ennemis, grelottant, les membres tremblants et le regard désespéré, fixant les vagues furieuses qui s’abattaient sur le stack.

Gioga conçut aussitôt l’idée de tirer parti, pour le bien de son fils, de la situation périlleuse de l’homme. Elle s’adressa à lui avec douceur, lui proposant de le transporter sain et sauf sur son dos à travers la mer jusqu’à Papa Stour, à condition qu’il lui rende la peau de phoque d’Ollavitinus. Un marché fut conclu. Gioga revêtit sa peau amphibie ; mais le Shetlandais, effrayé par l’étendue déchaînée qu’il allait devoir “chevaucher”, demanda prudemment à la matrone — pour mieux assurer son salut — qu’on le laissât percer quelques trous dans ses épaules et ses flancs, afin d’obtenir, entre la peau et la chair, une meilleure prise pour ses mains et ses pieds.

La demande étant acceptée, l’homme agrippa le cou du phoque et, s’en remettant à elle, fut déposé sans dommage à Acres Gio, à Papa Stour. De là, il se rendit aussitôt à un skeo de Hamna Voe, où la peau avait été déposée, et il remplit honorablement sa part du contrat, en donnant à Gioga le moyen grâce auquel son fils pourrait de nouveau regagner l’espace éthéré où la mer étend son manteau vert.


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