La légende de Wiborada, la recluse de l’église Saint-Magnus [St. Gallen / Wahlkreis Sankt Gallen / Suisse]

Publié le 27 mai 2026 Thématiques: Abbaye | Monastère , Attaque , Eglise , Ermitage , Evèque , Guerre , Légende chrétienne , Moine , Mort , Pénitence , Prière , Recluse , Saint | Sainte , Sainte Wiborada , Vertu , 0 vue

Eglise St Mangen
Eglise St Mangen. Source Bobo11, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
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Source: Kuoni, Jakob / Sagen des Kantons St. Gallen (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Eglise St. Mangen / St. Gallen / Wahlkreis Sankt Gallen / Suisse

Un jour, l’évêque Salomon, qui avait fait bâtir l’église Saint-Magnus, quitta son siège épiscopal de Constance pour rendre visite au monastère de Saint-Gall. Il amena avec lui une jeune vierge nommée Wiborada, renommée pour ses vertus.

On construisit alors pour elle une petite maison auprès d’une cellule située sur la montagne, à côté de l’église Saint-Georges — dans l’actuel quartier de St. Georgen. Elle y demeura presque quatre années, s’imposant une abstinence de nourriture et de boisson si rigoureuse que le narrateur craint à peine d’être cru.

Nuit et jour, elle demeurait constamment dans l’église, persévérant dans la prière et les veilles, animée d’un inlassable amour de Dieu. Elle n’entrait presque jamais dans sa petite demeure, sinon dans les rares cas où la nécessité l’y contraignait : soit pour prendre quelque sommeil, soit pour rendre un peu de force à son corps épuisé, après avoir parfois jeûné durant trois jours.

Servant Dieu par ces exercices et mortifiant de jour en jour son corps délicat par des jeûnes redoublés, elle ne vivait plus que par l’esprit, tandis que ses membres dépérissaient.

Mais ces mortifications ne suffisaient pas encore à Wiborada. Elle désirait être enfermée dans une petite demeure construite pour elle tout contre l’église Saint-Magnus, dans son angle nord-est.

Lorsque le vénérable évêque revint au monastère, la petite cellule à laquelle elle avait aspiré toute sa vie était déjà prête. Il envoya quelques moines la chercher et la faire venir auprès de lui. Puis, après lui avoir adressé quelques paroles d’honneur et l’avoir bénie, l’évêque ferma la cellule.

Cela se produisit en l’an 916. La cellule ne possédait aucune porte ; la recluse ne communiquait avec le monde extérieur que par une petite fenêtre. Un vêtement très rude, tressé de poils d’animaux, enveloppait son corps ; elle portait une chaîne de fer en guise de ceinture.

Au printemps de l’année 926, les Hongrois pénétrèrent jusque dans nos contrées. Sous la conduite de leur abbé Engilbert, les frères de saint Gall avaient trouvé un refuge sûr sur une presqu’île de la Sitter.

On exhorta également la recluse Wiborada à prendre la fuite ; mais elle ne voulut rien entendre. Son propre frère, Hitto, moine déjà âgé et gardien de l’église Saint-Magnus, se réfugia, à sa demande, dans la forêt voisine. Elle seule demeura sur place et y trouva la mort.

T. Pestalozzi. Die St. Magnuskirche, St. Gallen, Fehr.


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