La légende de Saint Lunaire et du rouge-gorge [Saint-Lunaire / Ille-et-Vilaine / France]

Publié le 11 mai 2026 Thématiques: 2 vues

Vieille église de Saint-Lunaire
Vieille église de Saint-Lunaire. Source Rundvald, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
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Source: Hilton, Agnes Aubrey / Legends of saints and birds (2 minutes)
Contributeur: Fabien
Lieu: Vieille église de Saint-Lunaire / Saint-Lunaire / Ille-et-Vilaine / France

On raconte qu’un moine s’embarqua pour la Bretagne. Il traversa la mer depuis la Grande-Bretagne avec quelques disciples, des frères moines qui voulaient fonder un monastère sous sa direction. On sait peu de chose de Léonore — tel était son nom — avant qu’il n’eût franchi les eaux qui séparent la Grande-Bretagne de la « petite Bretagne ». On pense qu’il a pu apprendre auprès de saint Iltut, au pays de Galles, et qu’il fut ordonné prêtre par saint Dubricius.

Mais nous savons qu’il alla en Bretagne, et qu’il y voulut bâtir une église, où lui et ses frères pourraient rendre un culte à Dieu. Ils pensaient aussi pouvoir enseigner le Christ au peuple, car en ces temps-là beaucoup adoraient encore de faux dieux.

Ainsi Léonore et les frères construisirent une petite chapelle ; simple et grossière, sans doute, mais c’était tout ce qu’ils pouvaient faire. Ils y suspendirent une cloche, et son grave tintement se répandait sur la lande, faisant peut-être se demander aux païens quel Dieu ces hommes pouvaient bien honorer chaque jour.

Puis les frères mirent leur demeure en ordre : ils coupèrent la bruyère et la tourbe pour avoir du combustible pendant les mois froids de l’hiver ; ils apportèrent des pierres pour bâtir des murs. Là où la terre était marécageuse, ils la drainèrent. Ils firent bien des choses pour rendre leur habitation plus confortable. L’un d’eux, habile de ses mains, façonna une charrue ; grâce à elle, les frères parvinrent à labourer une partie du sol. Vint alors le temps des semailles — mais ils n’avaient pas de blé.

« Où donc, dit l’un des frères, trouver du grain ? La terre est prête, labourée au prix de grands efforts ; mais à quoi sert tout cela s’il n’y a pas de semence ? Vraiment, notre travail est vain. » Car dans ce pays sauvage, les habitants ne connaissaient rien aux céréales.
« Dieu nous aidera, dit Léonore ; la terre est prête. Il nous enverra le grain. »

Tandis qu’il parlait, un rouge-gorge vola dans les airs. Il se posa sur la croix que les moines avaient dressée au bord du chemin ; et Léonore, levant les yeux, vit que l’oiseau portait dans son bec un épi de blé, bien rempli de grains dorés.

Alors il appela le rouge-gorge ; et l’oiseau vint à lui en voletant, se laissant prendre l’épi.
« Si l’on sème ceci, dit Léonore, au temps de la moisson nous aurons bien d’autres épis. »

Et aussitôt il se mit à genoux pour louer Dieu de sa bonté — comme ils le firent tous — tandis que le petit rouge-gorge chantait joyeusement, le louant lui aussi.

On planta donc le blé, et, en son temps, il donna du fruit : si bien que, les années suivantes, la terre se couvrit d’un or ondoyant de moissons.

Et les frères prêchèrent et enseignèrent, de sorte que plus tard bien des églises se dressèrent au milieu des champs de blé, bien des cloches sonnèrent
« Au matin
Avec une pensée pour Dieu
Sur le blé doré. »

De cette histoire nous pouvons apprendre que les petits commencements ne doivent pas être méprisés. Il existe un vieux proverbe :
« Prépare ton fuseau et ta quenouille,
Et Dieu t’enverra le lin. »

Et ce proverbe comme le blé du rouge-gorge nous enseignent la même leçon : ne jamais attendre pour se mettre à l’œuvre pour Dieu, sous prétexte que le commencement paraît trop petit. Mieux vaut commencer, en se confiant en Dieu, afin qu’il fasse prospérer et durer l’œuvre pour sa gloire — fût-ce par d’autres mains et en d’autres jours que les nôtres.

« Que l’homme fasse son ouvrage ; le fruit en est le souci d’un Autre que lui. »


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